The Great Adventure

5 juillet 2012

Du blé d'inde à perte de vue


Jour: 6 (5 juillet)
Km: 508
États: 1 (IA)
Café de la journée : 0. Bon sang, faut être masochiste pour se faire un café à une telle chaleur.
Cupcake à la noix de coco pas cher et délicieux: 2
Déceptions face aux diner rétro de Cedar Falls : 2
Température en °F : 102
Localisation nocturne : Sioux City, IA

L’Iowa n’est pas une destination de vacances très populaire et on a compris pourquoi aujourd’hui. On l’a traversé d’est en ouest et les attraits touristiques se faisaient plutôt rares. Disons qu’on a dû baisser notre standard pour les endroits suscitant de l'intérêt.

Dubuque nous propose une sculpture tout à fait merveilleuse. American Gothic version 3 dimensions géante. J’adore.

On passe par Dyersville, lieu de tournage du film (que je me promets de voir) Fields of Dreams. Deuxième attrait suggéré, la Basilique au style gothique au centre de la ville. On s’y précipite, c’est tout de même l’une des 36 basiliques catholiques du pays. En quelques secondes on est rassasiés, je ne crois pas qu’on partira à la recherches des 35 autres.

La ville de Quasqueton est la suivante sur notre trajet. Son nom est probablement son plus grand attrait ainsi que Frank Loyd Wright qui a laissé sa trace avec Cedar Rock.
Cedar Falls nous fait de l’œil avec son centre-ville contenant (tel que lu dans ma bible Road Trip USA) 2 diner vintage-rétro-chromé. Nous sommes affamés, déshydratés et en sueur. Notre taux de tolérance est, disons-le, assez bas. Donc quand la fille au comptoir nous dit qu’elle ne sert que des biscuits, on est un brin irrités. On se ressaisit, et on se dirige vers notre deuxième option. Une belle affiche For Sale décore la fenêtre. Ahh la la. Plan C, la taverne du quartier. La décoration est d’origine, 1991. Le burger est bon et on est au frais. En plus, en cherchant le diner, on est passé devant une boutique de cupcakes. Un peu de sucre, c’est toujours le bienvenu.


D’un bout à l’autre de l’Iowa, on a vue sur les champs de blé d’inde. Quelques villages qui passent avant même que j’aille le temps de sortir l’appareil photos. Ici, on détonne avec le PT Cruiser, tout le monde à un vieux pick-up Chevrolet. On écoute du Johnny Cash dans le tapis, ça nous donne l’impression de faire partie de la gang.




On découvre un autre state park. Pour 1$ de plus que la nuit dernière, on a droit cette fois-ci à un lac. Pas la peine de se tremper l’orteil avant pour voir si la température de l’eau nous plait, on y entre carrément en courant. Et là, on est au paradis.

On se trouve un emplacement intime et ombragé pour piquer notre tente. On se cuisine des pâtes qu’on mange près du feu. Cette fois-ci, en plus de la chaleur terrible, les moustiques sont de la partie. Mais eille, on est en road trip, dans l'Iowa, on oublie vite les désagréments.




4 juillet 2012

Jusqu'à la rivière Mississippi

Jour: 5 (4 juillet)
Km: 340
États: 2 (IL, IA)
Café de la journée : -1. Inteligentsia faisait relâche pour le 4th of July, on a dû se rabattre sur Starbucks…
Milk-shake servi par une vieille marabout dans une crémerie rétro: 1
Localisation nocturne : Dubuque, IA

On rêvait de déjeuner chez Lou Mitchell, soi-disant les meilleurs déjeuners de la planète, rien de moins. Et nous on s’y rend durant l’une des trois journées dans l’année où s’est fermé. Bon sang. Ce restaurant se trouve à l’embouchure de la mythique route 66 et on voulait désespérément y mettre les pieds. Autant dans le restaurant que sur la route 66. Partie remise comme on dit.

On se risque sur l’autoroute en direction de la banlieue Oak Park. Frank Loyd Wright y a conçu sa première maison ainsi que celle de quelques-uns de ses voisins. Les détails portés à chaque pièce et à l’ensemble de la maison sont hallucinants. On a l’impression d’être dans une brèche temporelle, comme si le temps s’était fixé dans cette maison. C’est en fait une reconstitution intérieure très fidèle aux souvenirs des enfants Wright qui ont grandis dans cette maison. Le barista-ex-ébéniste examine attentivement les détails dans les moulures et meubles avec presque autant d’intérêt qu’une machine espresso La Marzocco.



On avale un milk-shake aux fraises et on fouine un peu dans les rues pour voir les belles maisons du quartier avant de prendre sérieusement la route de l’Oregon Trail.  







On commence à rouler sur la US-20 près de Rockford, au milieu de l’Illinois. Ça fait un bien fou de quitter l’autoroute et les péages routiers. On défile les petites villes de cultivateurs où une fois que l’église, la station-service et la banque sont passés, il ne reste qu’à voir 3 ou 4 vieux pick-up abandonnés dans le fond d’une cour avant la prochaine ville. En général, la population de ces villes varie entre 23 et 76. C’est  fort distrayant pour moi qui ai la face sortie dehors, mais je dois être très alerte pour photographier ces beaux items de la route. Mathieu n’arrête l’auto que pour les trucs vraiment kitsh. Sinon, ça ne finira jamais comme il dit. Il n’a pas tort, je m’exclame sur chaque affaire vieille/kitsh/crade/rétro/jolie/pathétique.


On bifurque par Galena. Ancienne ville fantôme durant près de 100 ans, elle a ressuscitée au début des années 1960. Le centre-ville, en plus d’être typique de l’idée d’un centre-ville américain, est délicieux pour les yeux. Les façades de briques rouges restaurées des commerces et l’animation des gens locaux dans la rue valurent ce petit détour. 




Notre bottin de camping nous propose un endroit, le seul, de la région de Dubuque. On le choisi sans hésitation. Dubuque est à la frontière de l’Iowa, en bordure de la rivière Mississippi. Mathieu me promet qu’on ira dans le centre-ville demain matin. J’espère, j’ai vu une chouette sculpture sur la Main.

On apprend que le camping est un parc d’état et donc que le coût est de 11$ la nuit. Une aubaine faramineuse pour nous. On n’a rien vu encore, on aime déjà cet endroit. J’installe notre chez-nous nocturne pendant que Mathieu, qui ne se pouvait plus, tente d’aller se rafraîchir sous la douche. Précision, il a fait 38°C aujourd’hui, et (je le redis encore) l’air climatisé de la voiture est brisé. Mathieu arrive à la tente le visage rouge. C’est à croire que c’est une blague, il n’y a pas d’eau froide dans les douches. Bon sang.

On s’installe dans nos chaises pliantes, à la limite de la décence vestimentaire, les pieds sur le bucket à bûches. On mange notre Gatuso au poulet à grandes bouchées de réconfort et on boit des bières qui font ce qu’elles peuvent pour rester froides. Notre feu crépite doucement, on fête le 4th of July à notre façon. Ah oui, et on est heureux!

3 juillet 2012

Le haricot de Chicago

Jour: 4 (3 juillet)
Km en voiture : 0
Km à pied : moins qu’hier, plus que demain
États: 1 (IL)
Café de la journée : Intelligentsia, Chicago. Pourquoi changer d’endroit si c’est gagnant.
Localisation nocturne : Chicago, IL

Deuxième journée dans le four de Chicago. Après le refus catégorique de Mathieu d’aller à la Grande Roue à Navy Pier (je ne voulais même pas y aller pour vrai….), on cherche plutôt la grosse bean en stainless. Cloud Gate, de son nom officiel. On la trouve, de même qu’un troupeau d’asiatiques qui trouvent très original de se photographier le reflet dans la bean. Nous y allons plus classique, avec une vue d’ensemble de la bean et des édifices en arrière-plan. 



Alors que nous sommes toujours en pleine exploration du Millennium Park, une musique classique sûre d’elle-même se fait entendre à proximité. En effet, c’est l’Orchestre Symphonique de Chicago qui pratique pour le concert du 4th of July. On profite des dernières pièces, le soleil en pleine face.  Ça valait la peine d’attraper un début de coup de soleil.


Le tour de bateau sur la rivière axé sur l’architecture nous avait été grandement vanté. On s’assoit à l’avant, devant un petit garçon qui n’en a rien à faire du style qu’a choisi tel architecte pour tel édifice. On réussit à saisir quelques informations par le guide au ratio mots/minute plutôt élevé, mais très intéressant. L’architecture de la ville a suscitée en nous beaucoup d’intérêt, on fera/je ferai des recherches sur les différents architectes et leurs œuvres lorsqu’on ne sera plus homeless.



L’envie de manger un steak-frites nous prend. On nous recommande un restaurant excellent juste à côté de l’hôtel. Super. Évidemment, on ne le trouve pas, il fait chaud, on a faim et on se retrouve sans le savoir au coin de la rue de notre hôtel. On retourne demander des indications, pour ensuite se rendre compte que le prix du steak-frites en question est le même qu’une nuit à l’hôtel. Plan B : trouver un resto, beau, bon et ami avec notre budget. On en déniche un parmi les centaines de fast food. Bouteille de vin à 9$, steak, patates pillées, et voilà on est heureux.

Dernière halte avant la fin du Jour 4, la fontaine Buckingham. De quoi rendre jalouse la fontaine devant le Parlement à Québec, dont on a tous les 2 oublié le nom… Oups.
       

2 juillet 2012

Classiques à Chicago

Jour: 3 (2 juillet)
Km en voiture : 0
Km à pied : quelque uns
États: 1 (IL)
Fois où Mathieu me montre son IPhone en disant «Regarde la belle photo que j’ai pris!» : 16
Fois où on a simulé un vif intérêt pour une boutique simplement pour profiter de l’air climatisé : 7
Heure à laquelle on s’est finalement rendu compte que la Sears Tower n’est pas du tout le gratte-ciel qu’on croyait: 19h
Café de la journée : Intelligentsia, Chicago
Cupcakes: 2
Localisation nocturne : Chicago, IL

Nous sortons de l’hôtel et nous nous dirigeons vers les édifices, histoire de voir ça, la belle architecture de Chicago. Quelle chance, le café Intelligentsia est sur notre route. Après un espresso et 2 cappuccinos fait avec minutie par le barista frisé, nous quittons, motivés à braver les 36°C extérieurs qui nous attendent. Pas de doute, la beauté de l’architecture des gratte-ciels vaut la sueur qui nous coule sur le corps. On s’extase carrément devant la rivière bordée par des édifices de différentes époques mais somme toute magnifiques, et qui serpente allègrement le centre-ville. C’est le genre de vue qui nous convainc de se coltiner 2 jours de route; c’est féerique. Mathieu m’indique que l’édifice là-bas, c’est l’endroit où a été tourné la finale des Transformeurs. Je devais dormir à ce moment-là du film au ciné-parc, parce que ça ne me rappelle rien du tout. Et bien.  


Nous marchons le Magnificient Mile jusqu’à Oak Street, où on a pu apercevoir le Lac Michigan et une de ses plages. L’idée de se faire cuire sur le sable par une chaleur si intense ne nous plaisait guère, on opte plutôt pour les sucreries de Sarah’s Pastries. Sur Magnificient Mile les merveilles architecturales se succèdent sans arrêt. L’appareil photos se fait susciter fréquemment. On redescend vers The Loop, en passant devant des boutiques où on a à peine les moyens de regarder les vitrines.



L’un des incontournables de Chicago est bien sûr la deep-dish pizza. On la dévore chez Lou Malnati’s, avec une bonne bière locale. Mathieu reste en zone de confort avec sa Corona. J’ai voulu me la jouer indestructible en nous commandant une pizza-moyenne-extra-épinard-ail. On a été contraint de repartir avec une boîte contenant le tiers de notre repas. Ce fût délicieux en déjeuner le lendemain, bien que fort en ail.

On terminer notre soirée au Buddy Guy Legends. Endroit tout indiqué pour voir un noir bien enveloppé vêtu de beige, avec couvre-chef et lunette fumée, guitare à main, jouant et chantant un blues bien senti. Et bien l’artiste dont nous avons vu la prestation était  un noir bien renveloppé vêtu de beige, avec couvre-chef et lunette fumée, guitare à main, jouant et chantant un blues bien senti. Entièrement satisfaisant.

1 juillet 2012

Trop chaud pour boire du café

Jour: 2 (1 juillet)
Km: 652
États: 3 (OH, IN, IL)
Pique-nique: 1
Milk-shake : 0, malgré nos efforts
Minute où on aurait aimé avoir l’air conditionné dans la voiture : 252 000
Café de la journée : 49th Parallel Las Mercedes, Colombien. En Driver
Localisation nocturne : Chicago, IL

En route pour Cleveland et son attrait principal (outre le World’s Largest Rubber Stamp), le Rock and Roll Hall of Fame. Collections impressionnantes d’objets hétéroclites. Parfois loufoques : morceau de 1 pouce² du drap dans lequel John Lennon a dormi dans un hôtel à Détroit, une lettre de Charles Mansan demandant un abonnement au magazine Rolling Stones en échange d’une entrevue… La plupart du temps impressionnant: basse de John Paul Jones, gant métallique de Michael Jackson, la batterie de ZZ Top recouverte de fausse barbe, la Continentale d’Elvis Presley, la Rickenbacker de Cliff Burtun, la Porshe psychédélique de Janis Joplin, les habits Sergent Pepper des Beatles et environ 1 million d’autres items ayant appartenus à des artistes introduis au Rock and Roll Hall of Fame. (Les appareils photos étaient interdis à l'intérieur, vous devrez venir voir tous ça vous même.) Mathieu a cherché dans tous les coins du Temple le pic de la destinée, sans succès, alors nous quittons avec une chanson d’Elvis dans la tête.






On traverse la ville de Cleveland en coup de vent, en prenant de temps d’admirer quelques secondes l’étampe rouge géante, c’est la plus grosse du monde quand même.



Nous faisons un bref arrêt à Sandusky où, semble-t-il, il y a un diner classique ’50 servant de délicieux milk-shake.  On abandonne après avoir recherché le breuvage en question durant 30 minutes, malgré les indications d’un homme local. On part un brin frustrés et surtout assoiffés.

Nous arrivons à Chicago ce soir, après des heures et des heures de chaleur en voiture, le bras accoté dans la fenêtre ouverte. Nous roulerons enfin sur l’Oregon Trail lors de notre départ de Chicago, mercredi. Date à partir de laquelle les jours et les heures n’auront plus d’importance…!     



30 juin 2012

À moins qu'on irait coucher dans l'Ohio...?


Jour: 1 (30 juin)
Km: 926
Provinces et États: 2 (QC, ON) + 3 (NY, PN, OH)
Pique-nique: 1
Barista qui a chaud : 1
Café de la journée : Metropolis Redline espresso en latté, juste avant de partir
Localisation nocturne : Geneva-On-The-Lake, Ohio

L’objectif de dormir dans la voiture la première nuit a été un échec. D’abord parce l’auto est un brin plus remplie que ce qu’on voulait. On a essayé de ne pas apporter trop de « d’un coup que», mais quand même! Ensuite, l’idée de s’écraser sur nos belles chaises de toile dans un semi-bois en buvant une bière semie-froide nous plaisait beaucoup. Donc, on a choisi un camping au hasard dans un guide touristique et il est devenu notre nouvelle destination.

Nous ne furent pas déçu de notre choix. Dès l’arrivée, on nous vante le mini-golf 18 trous, les balades en voiturette de golf, le lac artificiel où on peut s’exercer à la pêche, et (seul avantage dont nous avons profité) les salles de bains dites ultra-modernes. Après avoir traversé les villages de roulottes et avoir failli écraser les 3 canards qui gambadaient sur notre chemin, on part à la recherche d’un endroit sans lumières de Noël et/ou patio avec pots de fleurs construit à même le terrain de camping.  Au loin, on aperçoit des arbres et le chemin n’est plus asphalté. C’est bon signe. On y trouve notre bonheur. On ignore le mini-golf.

Enthousiasme, (moi du moins, Mathieu est plus intéressé par la douche ultra-moderne) nous partons à la découverte de ce que Geneva-on-The-Lake a à offrir. Direction : The Strip, endroit de prédilection pour les amateurs de clichés de villes américaines sur le bord de l’eau. The Strip est une rue de 1-mile bordée de motels offrant vue sur le lac Erie et télévisions couleurs, arcades, pointes de pizza à déguster sur un tabouret à même le trottoir,  karaokés extérieurs, bars louches pour les locaux (breuvages alcoolisés à 99 cents de 13h à 21h) et un endroit appelé «Sudden urge, tatto and percing». Question d’être certain de pouvoir se faire tatouer un papillon dans le bas du dos avant que les breuvages à 99 cents ne fassent plus effet. Nous sommes rentrés au camping en souriant, après un grilled cheese bien gras, quelques photos et s’être dit : «fallait venir dans le fond de l’Ohio pour voir ça».

Pâtissière heureuse : 1


10 juin 2012

Avoir la sagesse de prendre ses rêves au sérieux...

Ce projet semblait à la base complètement irréaliste.

Par contre, dès le moment on s'est dit: Ok, on part!, tout est devenu d'une étrange simplicité. Tranquillement, on se rend compte que la plupart des objets qui nous entourent sont futiles, que nous ne sommes pas attaché à la ville où nous habitons ni à notre vie de tous les jours et que l'argent, ben on s'arrangera!
Soudainement, l'inconnu est extrêmement attirant...


Seuls nos amis proches et nos famille nous pincent le coeur de quitter. Mais ils sont au courant que nous avons un beau canapé pour eux dans notre futur salon...!



Certains nous diront que c'est risqué de partir, la vie là-bas est coûteuse, les avancements professionnels ici sont intéressants alors qu'on n'a pas de travail assuré là-bas, on ne connaîtra personne, on n'est pas totalement bilingue... 

Parfois, il faut se permettre de franchir les limites du raisonnable...