The Great Adventure

21 janvier 2015

Bienvenue en Californie

Brooking, OR à Fort Bragg, CA

On a eu droit à une tempête le soir à Coos Bay. Pas de délicates gouttelettes de pluie. Quelque chose d'intense quand le vent s'est aussi mit de la partie. Le lendemain matin, on s'est rendu compte que des voisins campeurs étaient apparus. On est allés marcher sur la plage où plusieurs autres avaient eu la même idée. Surtout les propriétaires de chiens. Les vagues étaient immenses. C'était merveilleux de se réveiller si près de l'océan.



On a reprit la route du sud, sans savoir si on serait en Californie à la fin de la journée ou le lendemain. Bandon se vantait d'être un charmant petit village pêcheur de crabes et c'était en plein sur notre route. En plus, il y avait une géante arche qui nous souhaitait la bienvenue. On se devait au moins de passer en dessous. La Main s'est marché en quelques minutes et immortalisé en quelques photos. Le wifi gratuit du Crab Shack nous a permit de se reconnecter avec le monde un bref instant. Pas trop quand même.


On est à la recherche constante de camping gratuit. En Oregon, il y des dizaines d'endroits sur le coté de la route, des pull-out, pour 's'arrêter et prendre des photos de la belle vue'. Si rien n'indique le contraire, on peut y rester durant 12 heures. Bang. On a quand même été chatouiller la frontière californienne et rebrousser chemin quand le soleil s'est couché. Brookings est une petite ville tranquille qui aurait passé inaperçue sur notre parcours. Au lieu de ça, on se rapellera d'y avoir passé une nuit paisible et gratuite.

À peine quelques kilomètres le lendemain matin et on a vu la charmante et kitsh affiche 'Welcome to California'. Il n'y avait rien à faire, nos faces en finisaient pu de sourire.

Il a fallut rouler dans les terres montagneuses un peu avant d'avoir le pacifique en pleine face encore. Faut dire que le pacifique de la Californie a un petit quelque chose d'encore plus spécial qu'ailleurs. À Crescent City, le gars vraiment enthousiaste au centre d'informations nous a recommendé les meilleures routes pour savourer pleinement les forêts de Redwoods. Et quand il a su qu'on vivait dans une van, il s'est empressé de nous dire avec excitation où on pouvait aller camper gratuitement ce soir-là.








La route dans le Parc des Redwoods a été un vrai test d'endurance pour la van et d'agilité pour Mathieu qui conduisait. On a faillu rabattre les rétroviseurs à quelques occasions tellement les arbres étaient proches. J'étais assise sur le bout de mon siège a essayer de voir à quel point les arbres étaient hauts et Mathieu me pointait un arbre sur deux en me disant 'Lui yé gros!'.

La journée s'est finie sur le bord d'une rivière dans une forêt où les États-Unis nous offraient généreusement l'emplacement de camping au prix de gratuit. Merci, gars enthousiaste du centre d'informations. On en veut encore des places comme ça.








Lendemain matin on retourne vers Crescent City, question de reprendre où on en était sur la 101. On ne veut rien manquer! La forêt des Redwoods continue encore pendant des tonnes de miles au sud. Parfait.


L'arrêt suivant se passe à Eureka, une ville d'artistes prospères qui se couchent de bonne heure. Un centre-ville historique et des maisons victoriennes à l'abondance de détails architecturaux. Le temps de quelques photos et d'un tour vite fait, bien fait de l'Old Town et voilà la van de retour sur la 101. C'était un excellent mélange de riche architecture et kitsh authentique - comme on aime.




Les villes sur la 101 se défilent à un rythme effréné, il faut faire une sélection de celle où on arrête. Chaque ville se proclame la 'plus' quelque chose. Et le qualificatif qui suit est toujours très relatif. J'imagine que tout le monde fait ce qui peut pour sortir du lot. Disons qu'on en prend et qu'on en laisse. J'ai hâte de voir à  Muir Beach, il y a la plus longue rangée de boîtes aux lettres de la côte nord de la Californie. On y va c'est sûr.

Chaque ville est un régal. Arcata est la ville qui sent le patchouli et où ils ramassent le recyclage en vélo-tandem. Scotia est une ville où tout appartient entièrement - école, église, maisons, ton chien, tout  - à une compagnie de bûcherons. Garberville est une communauté de vieux hippies libertaires qui se font sans cesse arrêter pour leurs plantations de marijuana. Il y en a pour tout les goûts.

L'envie d'une douche se fait sentir après 6 jours à coucher gratis sur le bord des routes. On se paie un camping crade où le bureau pour payer est dans le salon qui sent drôle du monsieur... un peu spécial. J'avais le goût de m'excuser d'être venu à son camping tellement j'avais l'air de le déranger. Ça devait être l'heure de son programme.

On dira ce qu'on voudra, mais une douche chaude c'est pas loin du paradis.


Le lendemain, on est allé voir la ville Ferndale où si tu n'habite pas là depuis 40 ans, tu n'es pas un local. Une ville de riches producteurs laitiers, leurs maisons victoriennes portent le surnom de 'butterfat mansions' (manoirs de gras de beurre). Cette ville bâtie durant le 19ème siècle est toujours gérée par la 'mafia du lait' - peu importe ce que ça implique. Une chose est sûre, le monde est fier de leur maison-couleur-pastel-clôture-blanche-gazon-taillé-bien-égal. Le centre-ville semble presque irréel tellement c'est parfait et féerique.








La classique 32-miles 'Avenue of the Giants' était, avec un nom comme ça, un incontournable. Cela va de soi, il y avait des gros arbres à profusion. De plus, les gens de cette région-là se spécialisent dans la délicate sculpture à la chainsaw. Des dizaines de shaks de bord de rue vendent plein de fierté des sculptures de gros panda avec un chapeau de cowboy, aigle sur le dos d'une sirène, nommez-le, il y a surement un artiste de la chainsaw qui a pensé à le faire. Dans le genre attrape-touristes, c'est pas pire. La Confusion Hill est encore mieux. On est pas tellement sûr de ce que c'est - on voulait pas payer 5$ pour aller voir ce que c'était. Apparement que les lois de la gravité ne s'appliquent pas ici. Bien sûr. La gravité nous semblait pourtant bien normale dans leurs toilettes en tout cas.

J'ai essayé de convaincre Mathieu d'aller passer dans l'un des 'Drive-Thru Trees' à Legget. Des insouciants d'une époque où l'insouciance était populaire ont eu l'idée de mettre la chainsaw dans 3 gros arbres afin que les familles américaines en vacances passent au travers des arbres - toujours vivants - avec leur voiture. Je n'approuve pas le geste, mais le mal était déjà fait. Et ça ferait une chouette photo. Mais pour passer la-dedans avec un campervan il aurait fallu que je nous agrandisse le trou de quelques pieds. Et malheureusement, je n'avais pas de chainsaw sur moi. On a essayé de sortir de la forêt en roulant toujours sur la 101. C'était le festival des épingles sur la route, brave Mathieu. La possibilité que je conduise la van sur cette route n'a même pas été abordée. Dieu merci.







On a finalement vu le bout des courbes et des montagnes russes dans le coin de Rockport. On a snobé la 101 pour la California 1, question de pas perdre de vue l'océan. Le plan nocturne du jour était un quelconque 'pull-out avec belle vue' près de Fort Bragg. On est allé niaiser en ville en attendant que le soleil se couche puis on a stationné la van en face de l'océan pour la nuit. On était tout près d'un ravin, les vagues coganient les rochers et c'était gratuit. Le café du lendemain pendant que le soleil se levait était particulièrement délicieux.



Je dois dire que jusqu'à maintenant, on pourrait difficilement être plus heureux. C'est samedi tout les jours, mais toujours un samedi différent.

17 janvier 2015

Le début de l'aventure

Washington - Portland - Eugene - Coos Bay, OR

C'est les lunettes pleines de pluie qu'on a dit au revoir à Vancouver. L'excitation a prit le dessus dans le cocktail d'émotions qu'on ressentait à quitter la ville, nos emplois et nos amis. Notre aventure ici est terminée, c'est le moment d'en commencer une autre.

On s'est prit un café pour la route  chez 49th après avoir vidé l'appartement / rempli la van de nos dernières affaires. On avait plus ou moins prévu partir tôt, genre 7am.  Puis on a réalisé qu'on avait absolument aucune raison de se dépêcher alors on a étiré jusqu'à midi. Ça c'est l'un des nombreux avantages à ce voyage.

La première destination devait être Vancouver, Washington. Non, pas parce qu'on se sentait déjà nostalgique de Vancouver, BC. C'est la ville juste avant la rivière Columbia, la séparation entre les états de Washington et l'Oregon. Le but dans tout ça était d'être à Portland, OR le lendemain matin pour un café chez Heart. Par contre, on n'avait pas pensé au fait qu'on serait dans le traffic solide de Seattle entre 3:30pm et 6:30pm. À 7pm, on en avait plein de ponpon de la pluie et du traffic et bien sûr on était encore loin de note destination. Ah oui, et on avait faim. On a prit la sortie pour l'halte routière qui s'adonnait à être juste là, quelque part entre Olympia et Vancouver (WA) et je nous ai cuisiner - ou plutôt réchauffer - un bol de soupe bourré de biscuits soda. Dans l'état de Washington, il est permit de stationner 8 heures dans les haltes routières. Sans un mot de plus, on a monté le lit et on a sauvé 20$ de camping. Parce qu'en bout de ligne, tout ce qu'on voulait c'était stationner la van et avoir des toilettes pas trop loin.

Le lendemain matin, un cabochon nous a servit de réveil-matin à 4:30am avec la musique - beaucoup trop forte, voyons dont - de son char. Ça tombe bien, on voulait justement prendre la route de bonne heure. La brume s'est mis de la partie cette fois-ci, mais qu'importe! On s'est rendu à Portland. Pour une fois, on a été les clients qui niaisent dans un café pendant une heure à profiter du wifi gratuit. Je n'avais pas le choix, je devais appeler maman pour lui souhaiter bonne fête de vive voix.

Avec tout ça, l'envie d'un cheeseburger-cuisson-medium nous a prit. Chloé nous avait proposé 'Little Big Burger' avec ses magnifiques frites à l'huile de truffles. 14$ pour 2 délicieux cheeses-frites, c'est de l'argent qu'on considère bien investi. Ce burger nous a amené à découvrir un nouveau quartier de Portland - Historic Mississippi St. Chaque fois qu'on visite Portland on est subjugués par le nouveau quartier dans lequel on se trouve. Celui-là était franchement vraiment génial. Le soleil nous faisait plisser les yeux et regretter d'avoir mis un manteau. Pendant quelques minutes on s'est imaginé vivre dans ce quartier avec notre futur chien dans une maison-avec-une-gallerie-fait-tout-le-tour. Puis on s'est assis dans la van et on a oublié tout ça en continuant à rouler vers le sud. Sauf l'histoire du chien. On veut vraiment un chien.














J'avais lu quelque part qu'on pouvait garer la van pour la nuit dans le stationnement d'un centre d'achat de Eugene, OR. Apparement qu'ils avaient prévu beaucoup trop d'espace lors de la construction et qu'ils permettaient aux RV auto-suffisant de profiter de l'emplacement près de larivière - au tarif excepetionnel de 'gratuit'. Ça nous semblait parfait. Après une brève discussion avec un policier local pour confirmer que tout est en règle, on ferme les rideaux de la van et nous voilà installer pour la nuit. Je me lance dans l'organisation intérieur de la van et Mathieu se lance dans une profonde sieste. Parfait, tout le monde est heureux. Au réveil, on partage un vieux restant de vin et on cuisine italien - macaronis sauce tomate.

La pluie a fait un retour durant la nuit. Et la matinée. Et au moment où j'écris ceci, ça tombe en fou. Malgré le fait qu'on était dans un stationnement, c'était super paisible et on est partit seulement à 1:30pm. On a mangé des toasts-aux-bananes et profité de notre café en discutant. On aurait pû se dépêcher à partir pour reprendre la route vers l'océan, mais pourquoi?

De Eugene, on a roulé vers l'ouest pour rejoindre la côte du Pacifique. On voulait reprendre là où on avait laissé en septembre, à Florence. Encore une fois j'avais lu qu'il y avait une plage à Coos Bay où on pouvait passer la nuit gratuitement. La description était un peu louche et pas très précise. Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et comment faire pour se rendre. Mathieu a la mission de conduire. Moi, j'ai la mission de lui dire où aller. Et idéalement sans me tomper. Mon bon karma a joué pour moi ce coup-ci. On s'est rendu comme un charme, et l'endroit est mieux qu'on aurait pû imaginer. On est en ce moment stationner sur la plage, les vagues sont juste là et on boit une bouteille de Pinot à 6$. Ah oui, et c'est gratuit. La vie est bonne. J'oubliais, on pait l'essence 0.48$ le litre ici. Ha!




12 décembre 2014

La van version bonifiée

L'ÉLIMINATION DU ROSE

On aurait pu conserver l'intérieur de la van intact. Difficile par contre de se sentir chez-soi dans un univers de velours rose.

On a commencé le projet lentement. D'abord par les rideaux. Je me suis dit que ce serait simple de coudre un carré de tissu et du coup ça éliminait le tiers du problème. J'ai même mis un certain plaisir à fabriquer ces rideaux.

Mathieu a exaucé mon souhait d'avoir une bibliothèque dans la van. Cet homme sait me rendre heureuse avec 2 planches de bois et 3 cordes bungee.

Le propriétaire précédent se trouvait bien futé d'avoir installé à l'arrière de la van une tablette épaisse comme un kleenex. Ça n'a pas été très long que Mathieu a arraché ça et nous a construit une vraie tablette avec la planche qui servait de lit en haut de la cabine. Il était absolument hors de question qu'on aille se coucher là-haut de toute façon. Une sublime feuille de liège recouvre le dessous de la tablette et donne à ce coin de la van une ambiance douillette plutôt que cabochon.

Ensuite on a régler le cas de la bande de tapis mural. Pas juste parce que c'était rose, mais parce que c'était du tapis rose probablement plein de gras de bacon. Mathieu en a même profité pour nous construire des barquettes en bois question d'avoir du rangement qui ne sente pas la vieille affaire.

En arrachant le velours du toit de la cabine et des portes, on s'est rendu compte qu'à l'origine tout était en préfini brun comme dans un sous-sol des années 70. J'ai songé à récupérer ce précieux matériau, mais les dommages étaient irréversibles. Je me suis acheté une agrafeuse et j'ai recouvert tout les panneaux de la cabine d'un tissu qui donne moins mal au cœur. J'ai aussi eu l'ingrate tâche de décoller le tapis des portières et de la patante en plastique qui cache le moteur entre les deux bancs. Quelle idée d'aller coller du tapis là.

Entre temps j'ai commencé à me faire à l'idée que j'avais cinq coussins à coudre et que je n'avais pas la moindre idée comment faire ça. Mais j'avais Mathieu qui croyait en moi. Ça et aussi le fait qu'on avait vraiment hâte de voir disparaître les fleurs roses de nos banquettes. Je me suis donné la mission d'en faire un par semaine. Je croyais que mes talents de couturière iraient en s'améliorant. Je dirais plutôt que mes blasphèmes allaient en augmentant. J'ai tout de même tenu parole, cinq coussins en cinq semaines. Disons que les coins du dernier coussin sont plus ronds que carrés, mais concentrons-nous plutôt sur le fait que c'était un pas de plus vers l'élimination du rose.

Pendant que la machine à coudre jouait avec ma patience, Mathieu m'impressionnait avec ses talents d'ébéniste. Précisons que la van était stationné dans la rue, à plusieurs minutes de marche de l'appartement et que nos seuls outils étaient un tournevis et une scie sauteuse empruntée. Et faire la coupe de juste une planche représentait l'activité d'un après-midi au complet. Imaginez quand la-dite planche est coupée 1/4 de pouce trop petite.

On voulait changer le tapis rose au sol dans la cabine, mais on a pas réussi à se convaincre d'entreprendre un projet de cette envergure dans la rue. On a plutôt opter pour l'étrange idée de le peinturer. Nous étions assez sceptiques au départ mais Mathieu a fait ça comme un champion. Une affaire de moins rosé.

Puis, la fin de l'été est arrivée et les deux sièges avant hurlaient leur désespoir d'être encore rose. C'est là que j'ai commencé l'expérience la plus exaspérante de ma vie: faire des housses de sièges. Malgré les efforts, les colères et les recommencements, j'y peut rien ça ressemblent malgré tout à des housses de cabochons. Avec le recul, je me réconforte en me disant que les sièges ne sont plus roses et j'essaie de trouver une quelconque satisfaction dans le fait que je les ai fait moi-même pour une poignée de dollars.

Le derrière des accoudoirs était la dernière trace de rose. À moins qu'on irait vivre dans la van maintenant?