The Great Adventure

11 juillet 2012

Journée atomique dans l'Idaho


Jour: 12 (11 juillet)
Km: 350
État: 1 (ID)
Café de la journée: Comme d'habitude, en même temps ça réchauffe les mains et à Idaho Falls, une chaudière de latté.
Nombre de fois où j’ai utilisé l’adjectif «atomique» en parlant d’à peu près n’importe quoi : hummm… beaucoup.
Nombre de fois où on s’est plaint d’avoir chaud : 0, enfin!
Localisation nocturne: Arco, ID

Nous quittons la pointe du Montana dans laquelle nous avons passé la nuit et on franchit l’Idaho. C’est plutôt frais ce matin, ça nous permet de rouler les fenêtres fermées et d’écouter de la musique à un volume raisonnable. On roule sur la US-20 sud, en direction de la ville d’Ashton. Des chutes s’y trouvent et la route pour s’y rendre est encore une fois superbe. C’est un peu brumeux, mais on réussit à distinguer les montagnes en arrière-plan. On rencontre des locaux qui trouvent notre accent charmant. On les retrouve aux chutes Mesa, où le microclimat sur les roches mêlé à la bruine des chutes rend l’endroit réellement féerique. C’est le genre d’attraction qui nous plait bien.



On rebrousse chemin vers Ashton, plus grand producteur mondial de semence de pomme de terre. À l’intersection de la route qui mène vers l’ouest, un authentique drive-in nous fait de l’œil. Ça tombe bien, le moment est toujours bien choisi pour manger un cheeseburger. Mathieu tente de me convaincre que la serveuse viendra prendre notre commande à la voiture, comme dans le temps. Et bien oui, depuis 1965, Frostop Drive-in nous permet de faire les paresseux et de se faire servir un burger et des frites dans la voiture. Par contre, il y a un chouette comptoir et des vieux tabourets qui nous enchantent bien plus que de rester dans la voiture, dans laquelle on passe déjà beaucoup d’heures. Quel bonheur d’être assis au comptoir. La conservation de la décoration et du mobilier est exquise. De même que le toupet de la serveuse, crêpé au maximum. On croit réellement faire un retour dans le passé. On dévore les meilleurs cheeseburgers de notre voyage pratiquement en silence; il y a tant de choses à regarder autour de nous. Définitivement l’un des meilleurs arrêts de notre road trip. Ils ont même leur propre Root Beer. C’est littéralement un musée du kitsh, on adore. On regarde avec regret les milk-shakes, notre estomac ne peut pas en supporter davantage.




Notre prochain arrêt est la ville Idaho Falls. Il ne faut pas s’attendre à y voir des chutes majestueuses malgré son nom, c’est un lac en fait qui se trouve à cet endroit. On tente notre chance au Villa Coffee house, qui se vante d’avoir les meilleurs barista de l’Idaho. Aucun commentaire ne sera nécessaire sur cet endroit. Le magasin d’antiquités au coin de la rue vaut vraiment plus le détour. On y serait restés durant des heures, à fouiller dans chaque étagère. Mais bon, comme l’auto a déjà son quota de trucs à transporter, on ne s’éternise pas trop longtemps. On marche quelques coins de rues, en réfléchissant au concept que San Francisco n’est pas très loin. Dure bataille que se livre la raison et l’envie! On se dit qu’on a un peu de temps pour prendre une décision et que tant qu’à être dans cette ville, autant essayer de trouver une pâtisserie qui fait des cupcakes. On s’est fait passer un sapin par l’affiche, ce n’était pas un cupcake, mais un bol de yogourt glacé. Déçus, on poursuit notre route vers l’ouest à destination d’Arco, prochaine ville ayant la grande caractéristique, entre autre, de posséder un camping.


C’est désertique, autant sur la route que le paysage autour de nous. On croise quelques montagnes de temps à autres, et au loin on en voit des immenses, collées les unes sur les autres. 


Notre entrée dans la ville provoque en moi un émerveillement soudain. On passe devant Pickle’s Place, Home of the Atomic Burger. Un burger atomique?! Bon sang, ça goûte quoi un burger atomique? On ne le saura malheureusement jamais, avaler 2 burgers dans une journée nous semblait au-delà du raisonnable pour notre corps. Dommage.



Cette ville nous apparaît très mystérieuse. D’abord le qualificatif «atomique» qui est omniprésent sur les affiches des commerces. Commerces qui, soit dit en passant, sont complètement défraichis mais rendent la ville si charmante. La ville est construite au pied des montagnes et sur l’une d’elle, plusieurs chiffres ont été peinturés. C’est complètement mort dans le centre-ville et le camping est presque vide. Parfait, c’est exactement ce dont on avait envie. Oh, et en plus, ils nous offrent des pancakes (atomiques) et des œufs demain matin. On ne pourrait pas être plus heureux, surtout après avoir jeté un œil aux douches qui sont super propres. Une collection de casse-têtes encadrés illustrant des peintures de chats décore la pièce, c’est divin.



On profite du moment bien assis dans nos chaises, une bière tablette dans le porte-gobelet. Les montagnes nous entourent et le désir de connaître la signification des chiffres peinturés prend le dessus. Il s’agit en fait d’une tradition tout ce qu’il y a de plus banale et américaine. En 1920, les étudiants qui graduaient cette année-là ont inscrit le chiffre 20 pour symboliser leur school spirit et leurs souvenirs éternels. Cette tradition se poursuit année après année. On s’attendait à un message codé pour communiquer avec des extra-terrestres ou autre chose de farfelue, mais finalement, ça cadre assez bien avec l’ambiance qui règne dans la ville. De plus, Arco est fière d’être la première ville du monde à avoir été éclairée par l’énergie atomique. C’est le genre de petite ville américaine coincée dans le temps qui nous satisfait complètement. On s’endort en se faisant à croire que nous sommes couchés sur un matelas atomique, heureux.

10 juillet 2012

Des montagnes et du riz


Jour: 11 (10 juillet)
Km: 398
État: 2 (WY, MT)
Café de la journée: Ne sachant pas quand on boira notre prochain latté, on ne prend pas de chance et on se gâte au Old Town Coffee.
Ours : 0 (ouf)
Coût de notre diner et souper combinés : 2,19$ (environ)
Localisation nocturne : West Yellowstone, MT

On échange quelques mots avec les baristas du Old Town Coffee dans un anglais en pleine progression. Notre destination première aujourd’hui est le Parc National Grand Teton. Étant donné un nom si cocasse pour un Parc, je précise tout de suite qu’il a été effectivement nommé comme cela par un français parce que c’est ce à quoi les montagnes lui faisaient penser, des seins. C’est un brin innocent, mais c’est pourtant ça l’histoire.



Les paysages du Wyoming sont hallucinants depuis le début, mais là, c’est carrément un niveau supérieur. Les montagnes sont immenses, colorées et modelées en diverses formes. On roule doucement vers le nord-ouest et la vue que nous avons autant à gauche, à droite qu’en avant est éblouissante. Nous sommes très gâtés visuellement par cet état des États-Unis, notre préféré.



Quoi dire du Parc Grand Teton mis à part qu’encore une fois, la nature qui nous entoure est complètement magnifique? Deux feux, dont un il y a une vingtaine d’année, ont détruits plusieurs kilomètres du Parc. Les ravages de ces incendies sont toujours visibles et ça aussi c’est impressionnant à voir. On essaie de garder le plus possible d’images dans notre tête de tout ce qu’on a la chance de voir. Nous sommes passés à travers une multitude de paysages, tous impressionnant à leur façon.


On traverse Grand Teton et on entre dans Yellowstone, où les paysages grandioses s’enchaînent toujours. On s’arrête pour grignoter une soupe au pois réconfortante, toujours à l’affût des ours. C’est stressant de savoir que nous sommes dans leur environnement et qu’à tout moment il y en a un qui peut surgir. On jette tout ce qu’on peut dans les poubelles anti-ours. Ce n’est pas de la rigolade, on a des frissons dans le dos. Avec tout ça, on commence à penser qu’il faudrait trouver un endroit où piquer la tente, idéalement pas sur un terrain isolé où on se ferait bouffer sans que personne s’en rende compte. Dans notre expérience de nomades, l’improvisation a toujours été à la base de nos aventures. Malheureusement pour nous, nous sommes en juillet et le Parc déborde de touristes qui eux, ont eu la sage idée de réserver un terrain de camping. Nous voilà donc au beau milieu d’un Parc National, et même les emplacements les plus propices aux visites des ours sont occupés. On est dans de beaux draps. L’endroit le plus près est à la sortie du Parc, à West Yellowstone, dans le Montana. On choisit de profiter de l’après-midi et de s’occuper de ce léger problème plus tard. 

Justement, une éruption du geyser Old Faithful est sur le point d’avoir lieu. C’est 5 000 gallons d’eau bouillante qui se jette à 150 pieds dans les airs. C’est l’un des attraits naturels les plus populaires au monde. C’est un spectacle impressionnant à voir, d’abord on voit la fumée et l’eau qui bout, ensuite il crache quatre coups avant de s’élever à sa hauteur maximum. Il y a plusieurs autres plus petits geyser à Yellowstone, en plus des bassins colorés et géothermiques. Les couleurs sont éclatantes et une chaleur intense se dégage de ses bassins. Une fumée imposante sort constamment, comme un chaudron de sorcière. On marche sur des promenades en bois qui serpentent les bassins. C’est fascinant d’être à proximité de ces bassins naturels.




Le soleil commence à briller moins fort, on prend la direction de la sortie. West Yellowstone est à première vue charmant avec ses vieux motels d’une autre époque et ses magasins à la façade western. Le propriétaire du camping m’indique qu’il est complet, de même que tous les autres de la ville. Il est tout de même sympathique et me trace le chemin d’un camping à environ 15 km du bout de rang où on se trouve. On se dit que c’est peut-être ce soir qu’on donnera une deuxième chance au motel finalement… mais, non. Tous «No Vacancy». De toute façon, on se rend compte que c’est une ville ultra-touristique, que les motels sont miteux et trop cher pour ce qu’ils ont l’air et que la plupart des commerces sont des vendeurs des cossins de Yellowstone Made in China. Bref, le genre de villes qu’on préfère fuir. Et c’est ce qu’on a fait.

On monte la tente près du ruisseau et on cuisine un excellent sachet de riz au fromage. On s’abreuve d’une bière locale en lisant chacun de notre côté, dans une parfaite tranquillité. Ce soir, c’est 6°C qui est annoncé. C’est définitivement un cas de bas de laine et chandail de polar. On s’endort en grelottant (moi du moins) en se rappelant vaguement une époque pas si lointaine où il faisait 30° de plus la nuit. 


9 juillet 2012

Au pays des cowboys

Jour: 10 (9 juillet)
Km: 270
État: 1 (WY)
Café de la journée niveau standard: notre filtre routinier
Café de la journée niveau pas si pire: latté de chez Castle coffee, un cabanon à café dans un parking
Café de la journée niveau hallucinant: Old Town Coffee, à Lander, WY. Espresso : wow, cappuccino : wow, filtre : wow. On est jetés à terre, on est quand même en terrain cowboy. 
Pâtisserie : des billots-lugs américains, c’est ce qu’on a trouvé de mieux à Shoshoni, WY (pop.185)
Emporte-pièce à biscuits en forme de tête de vache : 1
Localisation nocturne : Lander, WY

On adore le Wyoming!

On s’arrête chercher un café au shack à espresso et on se dirige vers Lou Laubert’s, le magasin western. On laisse les lattés brûlants dans l’auto, on se dit que lorsqu’on reviendra, ils devraient être à la bonne température (ce qui fût effectivement le cas). 












Lou Laubert’s, c’est 3 étages de bottes, chemises et jeans de cowboys. J’ai vu quelques chouettes bolos aussi. A Casper, les gens sont habillés en cowboys et ce n’est pas de la rigolade. Donc oui, les bolos doivent se vendre régulièrement. Un vendeur portant fièrement les bottes nous propose son aide afin de trouver la taille de chemise à carreaux adéquate. Dans ce magasin, il y des 6XL et des bottes de taille 16. (David, tu peux aller te rhabiller avec tes 13.) Disons que mes 5’-7’’ ont l’air de rien devant un homme qui porte une salopette en jeans taille 6XL. Le vendeur cowboy perspicace se doute qu’on n’est pas du coin, je lui explique notre histoire. Il trippe comme un cowboy qui vient de s’acheter un nouveau chapeau. Il commence à nous parler de son coin de pays et nous suggère fortement d’aller à Lander, une petite ville vers l’ouest. Il n’a pas eu besoin de dégainer son fusil pour nous convaincre, il est si sympathique et enthousiasme qu’on a envie d’aller voir ça. J’examine les lassos avant de partir, en essayant d’entendre raison; à Vancouver, c’est un brin inutile.



Je me trompe de direction lorsqu’on quitte la ville. Par contre, ça nous permet de voir Hell’s Half Acre, une attraction naturelle impressionnante. Un trou de 300 acres de roches érodées. C’est réellement éblouissant de se trouver devant ce site. On a eu beau prendre des photos, comme à bien des endroits, c’est rien comparé à l’effet de se trouver devant, en vrai.



Shoshoni a été le lieu d’une autre déception. Selon mon fameux livre, il devait s’y trouver l’un des meilleurs endroits à milk-shakes au monde. À la chaleur qu’il faisait, ce milk-shake était notre motivation. Il se trouve que Shoshoni est un autre beau spécimen de ville fantôme. Bien qu’agréable de voir une ancienne prison comme dans Lucky Luke (un cabanon avec une seule fenêtre protégé par des gros barreaux et une affiche écrite Jail, à côté du chemin de fer) on a dû se rebattre sur un sandwich épouvantable du dépanneur. Sandwich qui, soit dit en passant, nous a rendus victimes de terrible maux de ventre. Le fromage orange américain est louche.





L’affiche de Lander nous souhaite la bienvenue et il ne nous faut pas beaucoup de temps pour comprendre pourquoi le vendeur cowboy nous a si chaleureusement conseillé cette ville. Premièrement, c’est très joli. Ensuite, passe devant un café, Old Town Coffe, qui surpasse les attentes du barista avec qui je voyage. On se décolle du banc d’auto et on s’y précipite. À l’intérieur, on trouve des sacs de cafés de bons torréfacteurs, et des équipements (La Marzocco, Robur, Super Jolley, V-60…) plus que respectables, surtout pour une petite ville de 7 000 personnes, dans le milieu du Wyoming. On y passe une partie de l’après-midi tant les cafés sont délicieux et l’endroit charmant. On discute un peu avec la barista qui nous pose des questions sur notre aventure et on s’achète un sac de Handsome. On lui promet de revenir demain.


On trouve un camping génial, avec vue sur les montagnes. C’est super, comme dirait Doum. On part en ville, ce qui veut dire un trajet de plus ou moins 5 minutes. On est affamés, on trouve une micro-brasserie qui fait du porc effiloché, on stationne l’auto. Tout ça inclus dans le 5 minutes de tantôt. Ahh on aime tellement les petites villes où c’est 1 000 fois plus simple que les grosses de trouver son bonheur. La bière était délicieuse, les sandwiches de porc, savoureux, les gens, sympathiques, bref une soirée formidable.

On retourne au camping, notre tente est dans un piteux état. Une tornade a saccagée un brin notre demeure. Les gentils voisins à la roulotte en stainless ont réussis à limiter les dégâts. Ils ont refusé d’échanger leur Airstream reluisante contre notre spacieuse tente. On aura essayé.

8 juillet 2012

L'authentique Oregon Trail


Jour: 9 (8 juillet)
Km: 225
Élément miteux dans la chambre: 137
Niveau de satisfaction de la chambre sur une échelle de 1 à 10 : -12    
État: 1 (WY)
Café de la journée : On ignore le sachet de café «finest quality» inclus avec notre chambre et on sort la bouteille de propane pour se faire un café qui fait du sens.
Localisation nocturne : Casper, WY

Le rapport qualité/prix de notre chambre est exceptionnellement mauvais. On craint de marcher pieds nus sur le tapis. On met nos propres draps dans le lit. On n’ose pas s’approcher trop près du fauteuil. On respire même avec dédains dans la chambre. La femme de chambre, qui a abusé un peu trop du febreeze pour camoufler probablement l’odeur d’un cadavre, a eu l’audace de placer un post-it bien en évidence disant que le pourboire est très apprécié. Nous c’est une chambre décente qu’on aurait apprécié. Bref, c’est les dollars les moins bien investis du voyage. Le comble, il n’y avait même pas de chaises extérieures à côté de la porte. Je croyais que c’était un prérequis pour un motel. Les poignées du robinet de la salle de bain n’était même pas pareil. Ahh, je pourrais continuer encore longtemps à déblatérer sur cette chambre, mais de belles choses nous attendent tout de même dans cette ville, et c’est mauvais pour moi de repenser au fait qu’on a passé une nuit entière dans cet endroit.

Guernsey possède l’un des plus beaux sites de préservation de l’Oregon Trail. Non loin de la North Platte River, des traces de charrette sont visibles dans la roche. C’est réellement impressionnant de marcher dans ces traces et de regarder autour de nous en se disant  que les centaines de milliers d’émigrants vers l’ouest on regarder ce même paysage dans les années 1850. Les cactus côtoient les rochers de grès et les arbustes secs. C’est un authentique paysage de l’ouest, qui donne l’impression qu’à tout moment, un groupe d’Indiens avec leurs arcs à flèches vont débarquer sur leurs chevaux. C’est à l’opposé de la nature à laquelle on a l’habitude et c’est exactement le paysage qui justifie les centaines de kilomètres. Et qui fait oublier la chambre de motel.




On visite un autre endroit incontournable de l’Oregon Trail, Register Cliff. C’est un immense rocher de grès, où les gens qui s’y arrêtaient gravaient fièrement leur nom et l’année de leur passage. Ce site était un lieu de repos populaire pour ces pionniers qui ont marchés durant quatre et six mois les 3000 kilomètres vers l’Oregon. Plusieurs gravures datent des années 1850 et au fils des années, les gens ont poursuivi cette tradition. On a voulu nous aussi laissé notre trace, un timide M + G 2012 se mêle aux autres signatures. Parce que nous aussi, on fait l’Oregon Trail!




On revient sur nos pas pour voir à la lumière du jour Fort Laramie, ville western mi- abandonnée, mi- touristique. Je suis à fond dans les photos de bâtiments délabrés lorsqu’un mec arrive sur son quatre roues, se stationne devant le Saloon et y entre. Il est 11h30. AM. Ah oui, et on trouve le motel aussi, mais bon...




On visite le petit magasin d’antiquités tenu par une française, américaine depuis 54 ans. On fouille dans son inventaire en même temps qu’on lui fait pratiquer son français. Elle nous parle de la vie dans le Wyoming et des serpents auxquels je devrais faire attention quand je pars m’aventurer dans un fossé ou un bout de champ. Mais je n’ai pas le temps de m’en faire avec les serpents, j’ai vu des chouettes assiettes à gâteaux au fond du magasin. Et des paniers de pique-nique en métal.


On s'arrête manger un cheeseburger au casse-croûte du coin. Évidement, c'est rétro et délicieux, deux mots clés indispensables!



On poursuit notre périple journalier jusqu’à Casper, ville relativement grosse au Wyoming. Ici, le Jour du Seigneur est pris au sérieux. C’est assez tranquille. Même l’un des plus gros magasins de vêtement western au pays est fermé. On devra attendre au lendemain pour examiner leurs 10 000 paires de bottes de cowboys. La ville regorge d’affiches rétro. Mathieu s’en donne à cœur joie avec les effets de son appareil photos. Il réussit à me convaincre d’aller voir Spiderman au cinéma. Argument de poids : c’est un cinéma rétro. Et finalement, c’était super comme film, je ne me suis même pas assoupie.  



Je discute un brin avec le propriétaire du camping. Il se doute que je ne viens pas d’ici. Quand je lui annonce qu’on est parti du Québec, long way from home comme tout le monde nous dit, il se lance dans les détails de l’arbre généalogique de sa famille, qui a des racines canadiennes. C’est flagrant comme les gens du Wyoming sont sympathiques par rapport aux États précédents, où on nous donnait l’impression de déranger lorsqu’on achetait dans leur magasin.

J’ai aperçu un Castle Coffee, c’est sur notre itinéraire demain matin. Mathieu me confirme qu’on n’y verra probablement pas de princesse.

Lorsque je reviens de la douche, je fais le saut devant un daim qui broute le gazon de la zone pique-nique du camping. J’accélère le pas, mon sac de toilette comme bouclier si cet animal inoffensif tente de m’approcher. Même histoire lorsque Mathieu reviens de la douche, il fait tellement le saut que le daim fait le saut aussi.
Le soir, une fois étendu sur notre presque confortable matelas soufflé, on entend des pas sur le foin sec. Bon sang, le daim est en train de brouter notre terrain de camping. On devait donner un beau spectacle, debout sur le matelas, la face dans un petit trou de la fermeture éclair de la porte, à répéter «Bon sang, un daim! Il y a un daim qui broute à côté de la tente!» On va avoir l’air de quoi avec les ours de Yellowstone?   

    

7 juillet 2012

Comment payer trop cher un motel miteux?


Jour: 8 (7 juillet)
Km: 529
États: 3 (NE, SD, WY)
Café de la journée : Encore et toujours, Las Mercedes 49th parallel en driver.
Face de présidents dans un rocher : 4
Indien sur un cheval dans un rocher : 1/8
Touristes avec appareil photos : 1 million, peut-être plus
Bison pénard sur le bord de la rue : 26
Courbe sinueuse qui longe des canyons : trop, au goût du chauffeur
Pâtisserie : tarte aux cerises, comme celle de grand-maman Loraine
Localisation nocturne : Guernsey, WY

On se dirige vers les Black Hills. Le paysage est très impressionnant. La route qui nous mène vers le Mont Rushmore est forte en émotions. Les canyons se succèdent, ça tourne dans tous les sens, les ponts semblent être fait en bâtons à pogo, les tunnels ont été sculptés dans les rochers, les bisons et les cerfs traversent la rue quand bon leur semble. Ça me semble être le moment propice pour mon apprentissage de conduite manuelle. J’en parle à Mathieu, il refuse. Il a les deux mains accrochées sur le volant, moi j’ai la face dehors. Après avoir serpenté les montagnes et s’être exclamé une multitude de fois devant ce charmant paysage, on traverse un dernier tunnel  sculpté. Au bout du tunnel, nous ne voyons une lumière blanche mais bien quatre gros visages de politiciens.



Un brin d’histoire: cette sculpture honore les réalisations des 150 premières années américaines. George Washington a été choisi pour son rôle de fondateur. Thomas Jefferson pour la déclaration d’indépendance et l’acquisition de la Louisiane. Abraham Lincoln pour la préservation du pays durant la guerre civile. Theodore Roosevelt pour l’expansion du pays à travers l’implantation du Canal de Panama et la conservation des ressources naturelles des États-Unis. Fait intéressant : leur nez mesure 21 pieds de haut.



Au départ, ils devaient être représentés jusqu’à la taille, mais la composition de la roche les a obligé de s’arrêter au menton. Gutzon Borglum, l’artiste, est décédé quelques mois avant de voir son œuvre complétée. Et bien. Il y a une salle secrète derrière une des têtes. Comme dans Richie Rich ou Team America, choisissez votre référence. C’est un endroit à voir une fois dans la vie tellement c’est mythique.



On passe devant Crazy Horse, la sculpture de l’indien sur son cheval, commencé il y a environ 50 ans et qui devrait être terminé d’ici 100 ans. Il sera 10 fois la grosseur du Mont Rushmore, mais pour l’instant, ça ressemble juste à une petite face dans une grosse roche.

On arrête à The Purple Pie Place. Pas le choix, c’est sur le chemin, c’est mauve et il y a des tartes. 



On quitte le Dakota du Sud pour le Wyoming. La ville Newcastle n’est pas très loin. On se dirige vers le premier camping. Trop miteux. On se dirige vers le deuxième camping, quoique je ne crois pas que cet endroit méritait la qualification camping. Un parking de coin de rue clôturé, sans arbre ni de gazon. Cet endroit était un imposteur. On donne une chance au motel de la ville. Son affiche rétro avec néons était sa plus grande qualité. C’était semi-dépotoir, avec des types louches qui fumaient des cigarettes.   



En quittant cette ville, c’est des petits arbustes secs, des montagnes de sable et de l’herbe séchée à perte de vue. On se croit dans un désert, même si on n’a quitté la ville depuis seulement 2 minutes. Nous roulons une trentaine de miles vers Lusk, la ville la plus populeuse dans le comté le moins populeux de l’état le moins populeux. En gros, ça veut dire 1500 habitants et plein de motels kitsh. On met tous nos espoirs sur le plus cliché de tous. C’est à n’y rien comprendre, il est plein. On va voir celui à côté, plein aussi. On est au milieu de nulle part, dans un trou du Wyoming, et aucune chambre des 6 motels de la ville n’est disponible. On finit par comprendre en voyant un troupeau de cowboys se diriger vers le stade. Des vrais cowboys authentiques de l’ouest, pas cabochons qui s’achètent un chapeau pour aller à Ste-Tite. Bref, les cowboys sont en ville pour le Rodéo annuel, et nous on doit poursuivre notre route, à la conquête d’une chambre de motel pas cher.

On retourne dans notre désert avant d’atterrir, à Jay Em. C’était sur ma carte. Probablement le gars qui a dessiné la carte qui a voulu nous jouer un bon tour. L’affiche de la ville est un bricolage en décomposition et une chance qu’il y avait une flèche qui pointait vers la droite vis-à-vis une route, parce qu’on aurait manqué cette belle attraction. Le camion d’asphalte n’est pas venu faire son tour encore et les tas de planches qui servent de maison sont sur le bord de donner leur démission. J’en étais seulement à ma deuxième photo lorsque, (citation Mathieu Carrier) «Eille on fout le camp au plus %/$*?&, y vont sortir avec leurs carabines». La chienne m’a pognée à moi aussi comme on dit. Avais-je besoin de préciser qu’il n’y avait pas d’hôtel dans cette ville?





Il fait noir depuis un moment déjà. Le GPS nous indique un motel à Fort Laramie, la ville suivante. On s’y rend, ce n’est pas comme si on pouvait se permettre de faire nos difficile. Par contre, une fois sur place, on commence à être un brin écœuré. On se trouve dans une ville fantôme-western et évidement, aucun signe du motel.

On reprend la route, il faut être vigilent, les cerfs et les vaches se promènent librement de leur pré à la route. Si on en écrase une, on la paie. On prend le premier motel de Guernsey, sans se soucier à quel degrés il est miteux. Le cœur m’arrête quand je tends ma Visa. Les bras me tombent quand j’ouvre la porte #22.


Donc, voilà les étapes pour payer trop cher pour un motel miteux.  



6 juillet 2012

Les charmes du Nebraska


Jour: 7 (6 juillet)
Km: 716
États: 2 (IA, NE)
Café de la journée : Notre fidèle 49th parallel en driver. Il fait encore extrêmement chaud, mais il y a des limites à se priver de café.
Température en °F le matin : 102 (39°C)
Température en °F le soir : 72 (22°C, yé!)
Localisation nocturne : Chadron, NE

On se précipite en «ville» en sortant du camping. Des commerces en piteux état bordent les deux côtés de la Main. On peut dire qu’ils sont d’origine. On peut dire aussi que la plupart ont dû faire faillite il y a de cela quelques décennies et que personne n’a eu le courage de relancer une autre entreprise. Ça tombe bien pour nous, les villes fantôme font de chouettes photos. Il y a tout de même quelques gens locaux qui entrent d’un pas décidé dans ce qui semble être la quincaillerie/café/landromat de la ville. Ça bouge pas mal sur le coin de rue.



On défile le Nebraska, sans savoir jusqu’où cette journée nous mènera. J’épuise les batteries de mon appareil photos, le Nebraska est riche en station-service, motel, shak à patates et bars crades. On s'arrête dans la ville d’Ainsworth. Avec son slogan «Welcome to the Middle of Nowhere», cette ville nous semble particulièrement ambitieuse.

L’affiche de chez Big John’s Burgers nous empêche de poursuivre notre route sans y faire un arrêt. À l’intérieur, le slogan de la ville prend tout son sens. Il y a tant à dire sur cet endroit, je vais essayer de faire un best of. Tapis rouge vin fleuris ayant peut-être déjà été tendance, oursons en peluche sur les murs, cuisinier en sueur portant une perruque tout ce qu’il y a de moins crédible, une banquette où six monsieurs locaux d’un certain âge se racontent les mêmes histoires chaque jours en buvant des réchauds de café, à l’autre bout de la salle à manger, six madames locales d’un certain âge boivent des réchauds de café en papotant. On engloutit nos burgers, salade de patates-œufs durs et onions rings bien installés à une table en stratifié imitation bois. Je mets Mathieu au défi de goûter le café à 75 cents qui mijote dans sa carafe depuis un temps indéfini. Défi refusé.




 Nous allons à Valentine. Si vous y passer un jour, ne manquez pas d’observer les affiches de nom de rue, il y a un cœur sur chacune d’elle. C’est de loin ce qui m’a semblé le plus intéressant dans cette ville. Je n’ai pas vu de Cupidon blond frisé avec son sac de flèches. Peut-être que c’est un mythe cette histoire de Cupidon. Je vais demander à la prochaine licorne que je verrai.

On traverse Kilgore, population 71. C’est tout ce que j’avais à dire sur cette ville.

Nous regardons les dunes de sables de chaque côté de la US-20 depuis un bon moment lorsque, soudainement, on atterrit dans une ville fantôme. Sans crier gare comme on dit. Nous sommes à Rushcity, mais sur la Main, on se croirait plutôt dans un décor de cinéma pour un film western. Le temps s’est arrêté. La vieille madame qui chigne sur le coin de la rue nous ramène à la réalité. On s’en donne à cœur joie sur les photos, en ayant tout de même la crainte que le propriétaire d’un des commerces sorte avec un balai en criant que c’est une Main street ici, pas un attrait à touristes.



Chadron est la dernière ville de la journée. On tente notre chance dans deux campings, que nous quittons le plus vite possible. Parfois, les State Park c’est vraiment génial, parfois, c’est beaucoup trop crade pour nous. Notre troisième tentative est un réel succès. Léger détail, on a roulé une quinzaine de miles avant que je me rende compte que j’ai dirigé Mathieu vers le nord plutôt que vers le sud. Mais bon, c’est quoi 30 minutes de «perdues» dans un moment de notre vie où le temps n’a pas d’importance? Bref, en plus, dehors c’est frisquet. On cherche même nos vestes chaudes dans le fond notre sac en se regardant, gros sourire dans le visage.  J’installe la couverture de laine sur le lit. Les lièvres viennent faire leur curieux. Les douches sont propres. On a même un sac de chips barbecue. Non mais tsé quand la vie est belle…! 

5 juillet 2012

Du blé d'inde à perte de vue


Jour: 6 (5 juillet)
Km: 508
États: 1 (IA)
Café de la journée : 0. Bon sang, faut être masochiste pour se faire un café à une telle chaleur.
Cupcake à la noix de coco pas cher et délicieux: 2
Déceptions face aux diner rétro de Cedar Falls : 2
Température en °F : 102
Localisation nocturne : Sioux City, IA

L’Iowa n’est pas une destination de vacances très populaire et on a compris pourquoi aujourd’hui. On l’a traversé d’est en ouest et les attraits touristiques se faisaient plutôt rares. Disons qu’on a dû baisser notre standard pour les endroits suscitant de l'intérêt.

Dubuque nous propose une sculpture tout à fait merveilleuse. American Gothic version 3 dimensions géante. J’adore.

On passe par Dyersville, lieu de tournage du film (que je me promets de voir) Fields of Dreams. Deuxième attrait suggéré, la Basilique au style gothique au centre de la ville. On s’y précipite, c’est tout de même l’une des 36 basiliques catholiques du pays. En quelques secondes on est rassasiés, je ne crois pas qu’on partira à la recherches des 35 autres.

La ville de Quasqueton est la suivante sur notre trajet. Son nom est probablement son plus grand attrait ainsi que Frank Loyd Wright qui a laissé sa trace avec Cedar Rock.
Cedar Falls nous fait de l’œil avec son centre-ville contenant (tel que lu dans ma bible Road Trip USA) 2 diner vintage-rétro-chromé. Nous sommes affamés, déshydratés et en sueur. Notre taux de tolérance est, disons-le, assez bas. Donc quand la fille au comptoir nous dit qu’elle ne sert que des biscuits, on est un brin irrités. On se ressaisit, et on se dirige vers notre deuxième option. Une belle affiche For Sale décore la fenêtre. Ahh la la. Plan C, la taverne du quartier. La décoration est d’origine, 1991. Le burger est bon et on est au frais. En plus, en cherchant le diner, on est passé devant une boutique de cupcakes. Un peu de sucre, c’est toujours le bienvenu.


D’un bout à l’autre de l’Iowa, on a vue sur les champs de blé d’inde. Quelques villages qui passent avant même que j’aille le temps de sortir l’appareil photos. Ici, on détonne avec le PT Cruiser, tout le monde à un vieux pick-up Chevrolet. On écoute du Johnny Cash dans le tapis, ça nous donne l’impression de faire partie de la gang.




On découvre un autre state park. Pour 1$ de plus que la nuit dernière, on a droit cette fois-ci à un lac. Pas la peine de se tremper l’orteil avant pour voir si la température de l’eau nous plait, on y entre carrément en courant. Et là, on est au paradis.

On se trouve un emplacement intime et ombragé pour piquer notre tente. On se cuisine des pâtes qu’on mange près du feu. Cette fois-ci, en plus de la chaleur terrible, les moustiques sont de la partie. Mais eille, on est en road trip, dans l'Iowa, on oublie vite les désagréments.