The Great Adventure

15 février 2015

Le Wild West de l'Arizona

De Tombstone, on est repassé par St David pour camper à Benson. Je mentionne St David ici pour l'unique raison que mon frère s'appelle David. Rien d'autre que le nom m'a semblé digne de mention, mais peut-être que les quelques habitants de St David ont vu quelque chose qui m'a échappé. Benson donc, est l'endroit où on a finit par rester 3 nuits. On a vraiment commencé a s'attacher à ce resort de personnes âgées sympathiques. Je sentais presque que je faisais partie de la gang le matin où j'ai fais notre lavage avec 3 autres dames. L'avoir su à l'avance, on aurait même préparé un plat pour participer au repas collectif du jeudi soir. On avait juste des saucisses hot-dogs et des sachets de ramens dans la van, ce n'était pas à la hauteur. On a bien profité de la piscine par contre. Et du spa. Et des biscuits dans la salle communautaire. 



Pour revenir à la désolante histoire de notre van malade, le lendemain je me suis obstiné avec CAA pour un remorquage - la van ne voulait plus rien savoir. Un gars est arrivé avec sa remorque, a juchée notre van dessus et nous a demandé où on voulait aller. On avait 2 options. Un garage 'approuvé CAA' à 90 minutes de route ou le garage Big Dan's à 5 minutes de route - et pas approuvé CAA. On a choisi Big Dan's en se disant 'Voyons donc approuvé CAA c'est n'importe quoi.' Ce qu'on a pu être naïfs. Je ne m'y connais pas des tonnes en mécanique - en fait je ne m'y connais pas du tout - mais j'ai le sentiment que Big Dan's aurait dû démontrer plus qualification pour changer un démarreur. Après réflexion nous retenons 3 choses de cette histoire: 1- Ne pas tomber en panne à Benson, Arizona. 2- On devrait apprendre une chose ou deux en mécanique question de peut-être essayé de le faire nous-même. 3- Le cornet de crème glacée qu'on a mangé à la crèmerie en face du garage était de loin la meilleure chose de la journée.


Avec tout ça, la troisième journée on a finalement réussi à visiter Tombstone. C'est une authentique ville minière des années 1880. À l'époque, environ 10 000 mineurs vivaient à Tombstone. Seulement 1500 personnes y vivent toujours et ils ont su conserver une partie de la ville telle qu'elle était en 1880. C'est plutôt rare pour une ville fantôme de l'Arizona. Ce qui fait que Tombstone est aujourd'hui célèbre, c'est la fusillade qui a eu lieu au Saloon OK Corral, le 26 octobre 1881. L'un des événements les plus mythiques du Wild West. Une histoire de méchants avec des fusils et de gentils - aussi avec des fusils - qui s'est mal finit. Ce qui rend cette histoire de fusillade différente des autres, c'est qu’apparemment il était inhabituel que les gens se tirent face à face. La technique 'Tirer la victime par derrière' était beaucoup plus populaire. On a assisté à une reconstitution croustillante de la fusillade au lieu exact où les méchants sont tombés, dans la cours arrière du saloon.





Un peu plus au sud sur la 80, Brisbee est une ancienne ville minière qui s'est recyclé en communauté artistique-hippie dans les années 70. L'emplacement est vraiment particulier. On doit traverser les montagnes et un tunnel - dans les montagnes - et Brisbee se trouve dans un trou. La route descend et remonte de l'autre côté en spiral et la ville est construite sur les parois de la montagne. Certains diront - Mathieu - que c'est idiot de s'être donné tout ce mal là pour bâtir une ville sur les parois d'une montagne. D'autres - moi - trouve ça féerique.




On n'était pas encore rassasié des cactus, on a visité le Saguara National Park près de Tucson. On a appris que l'âge exact d'un cactus Saguaro est un mystère parce qu'ils n'ont pas d'anneaux comme les arbres. Par contre, on sait que le premier bras d'un cactus apparaît vers l'âge de 60-75 ans et qu'il atteint sa pleine hauteur, 40 pieds, à 150 ans et plus. Beaucoup de cactus ont des trous, ce sont les pics-bois qui les font et s'en serve comme nid. Lorsqu'ils partent, d'autres oiseaux ou animaux emménagent. C'est fou tout ce qu'on peut apprendre au centre de visiteurs quand Mathieu va au toilette.







On est retourné à Tucson, au même endroit où on avait camper il y a quelques jours. Un gars avec un chien est venu nous voir. Il avait une van Dodge des années 80, plaquée au BC et il était super excité de voir une autre van Dodge des années 80, plaquée au BC. Après 30 secondes Mathieu lui dit 'Tu viens du Québec toi, tu parles français!' On a passé 2 jours avec Emanuel et sa chienne Poilu, à discuter d'un million de choses et à lancer des bâtons. Ça été une merveilleuse rencontre, très inspirante et on espère vraiment le revoir. Emanuel restait dans le coin encore quelques jours, alors qu'on avait décidé de continuer notre route. On s'est dit à bientôt et Poilu a rendu le départ émotif en nous faisant une face de 'Voyons les amis, où est-ce que vous partez?'






9 février 2015

Problème dans le fond de l'Arizona

De Why, on a roulé sur la 86 vers Tucson, dans la réserve indienne O'odham. À chaque route qui croise la 86 en provenance du Mexique, un policier est là et inspecte les voitures qui passent. Au début ça nous stressait vraiment. Mais dès qu'ils voient nos 2 tronches de blancs en vacances, ils ne laissent même pas les chiens sentir la van et nous souhaitent bonne journée. 

La route était paisible, on s'est laissé distraire par le néant qui nous entourait et les villages de cabochons qu'on apercevait une fois de temps en temps. Disons que c'était assez tranquille dans le coin. Finalement les montagnes de Tucson se sont pointées au loin et on s'est enligné pour le downtown. La 4 ème Avenue s’annonçait dans notre genre - commerces locaux, aucun resto de chaîne sauf le vieux Dairy Queen des années 50 et bourré de hipsters universitaires. On avait même espoir de trouver un bon café. Ça s'est plutôt fini avec une grosse poutine dans un resto ouvert récemment par un canadien qui importe son fromage du Wisconsin. Le gars a bien fait ses devoirs avant d'ouvrir son shak à poutine en Arizona, ça goûtait ce qu'il fallait.





On a changé de quartier, marché autant que possible avant que la chaleur nous mette à terre. Je ne veux même pas savoir comment les gens font pour vivre - ou survivre - ici l'été. Moi je mangerais un cornet de crème glacé après l'autre, ça n'a pas de bon sang. On a vu plusieurs trucs chouettes, architecturalement parlant.  Un mélange de vieux commerces, certains authentiques, d'autres restaurés ou reconvertis et de bâtiments au style espagnol et couleurs pastels. On sent que Tucson veut se développer, mais avec cette chaleur-là, on dirait que tout le monde aimerait mieux aller faire une sieste.





À l'entrée de la ville il y avait un terrain où on pouvait camper gratuitement et on s'est dépêché de s'y rendre pour s’asseoir à l'ombre. Les places gratuites sont toujours sur des routes cahoteuses moyennement accessibles, mais c'est tout le temps plus joli que les campings payants . Cette journée-là s'est finit en haut d'une colline près de la parois d'une montagne avec vue digne de l'Arizona. Et ce soir-là on a eu froid, pouvez-vous croire ça.


Quand on conduit une van 1986 au fond de l'Arizona, il ne faut pas être trop surpris quand elle décide de nous laisser tomber. Ça aurait pu être pire quand on y pense. On n'avait pas de contrainte de temps et il faisait beau. On avait même des collations. Et puis on sait bien que tout finit toujours par s'arranger. On était dans le stationnement d'un cimetière historique à Tombstone, où les pierres tombales ont des inscriptions du genre 'Jackson Smith, shot by the Indians in 1882' ou 'George Johnson, hanged by mistake'. Bref, on venait de passer un bon moment à rire de comment des gens étaient morts dans cette ancienne ville minière quand ça a soudainement été à notre tour de faire rire de nous. Pas moyen de démarrer la van, qui bien sûr était en plein centre du stationnement. Plusieurs monsieur sont venus partager leurs opinions et théories sur la situation. Ça paraissait que certains auraient préférés venir se salir les mains dans le moteur, mais les madames tiraient le bras de l'autre bord pour qu'ils s'en viennent. La van a finalement redémarrée un peu plus tard pour nous amener jusqu'au camping mais on savait que la prochaine fois qu'on entendrait le son du moteur, ce serait après avoir donné quelques - ou plus - dollars à un mécanicien. Le démarreur avait eu le mal de vivre.





5 février 2015

Bienvenue en Arizona (et au 'Mexique')


Camper dans le désert était pour nous deux un vieux rêve qu'on s'est empressé de réaliser dès que l'occasion s'est présentée. C'était le décor parfait avec les montagnes en arrière-plan. Il faisait vraiment chaud et l'activité de prédilection dans un désert chaud, c'est de ne rien faire. Pas qu'on était fatigué d'être sur la route, mais on avait vraiment envie de ne pas bouger pendant 2 jours. Je dis ça mais en fait, on a bougé nos chaises une fois de temps en temps autour de la van pour rester à l'ombre. Les points forts de la journées étaient définitivement les cheeseburgers qu'on a mangé et regarder la lune sortir de derrière les montagnes. Dans le genre grosse journée occupée.



Un gars de la Saskatchewan campait au pied des montagnes. Il a fait un détour pour venir nous demander si on avait besoin d'eau, il s'en allait au village faire le plein. On l'a remercié gentiment, on venait de remplir nos cruchons. L'une de nos plus grande préoccupation ces temps-ci est de ne pas manquer d'eau. Chacun ses problèmes. Il y en a que c'est la neige leur problème.


La route vers l'est passe tout près du Mexique. Puisqu'on avait décidé de reporter notre road trip mexicain à une autre fois, on voulait au moins mettre le pied au pays. On a stationné la van du côté américain et suivi les quelques personnes qui marchaient nonchalamment vers ce qui semblait être la douane mexicaine. Disons que ça n'avait rien à voir avec la douane Canada-États-Unis. On est passé dans le tourniquet et on était au Mexique avant qu'on s'en rende compte. Les Mexicains ne sont pas intéressés à voir les passeports et à poser des questions. Bon la ville où on était n'est pas ce qu'il y a de plus authentique comme expérience mexicaine, mais on a quand même passé un excellent moment assis à une terrasse à boire de la bière pas chère, manger des tacos et enchiladas et écouter un mec jouer les grands succès telle que La Bamba, tout ça en évitant d’attraper un coup de soleil. Le soleil nous a un peu trop gâté ce jour-là. Les madames aux cheveux-et-souliers de course blancs autour de nous étaient un peu pompettes à boire des margaritas grosses comme leur tête. Le divertissement était excellent. On a fait le tour du coin et après quelques heures, comme on n'avait pas de poterie ni de poncho à acheter on s'est diriger vers la très longue file d'américains qui voulaient retourner chez-eux. Si on avait eu une job de dents à se faire faire ou des médicaments à acheter, les aubaines ici sont faramineuses. Ça ou bien n'importe quel objet 'artisanal' - la sélection était assez incroyable. En bout de ligne, cet après-midi là au Mexique nous a amusé mais vraiment pas rassasié, au contraire - mais ça c'est une aventure pour une autre fois. Je vais commencer par enrichir mon timide vocabulaire espagnol.



Après le 'Mexique', on est retourné en Californie le temps de quelques minutes pour ensuite faire notre entrée en Arizona. La ville du Yuma en Arizona est très populaire l'hiver - la population augmente drastiquement. Public cible: 60-75 ans, en provenance du Minesota ou du Dakota, propriétaire de Winnebago de 40 pieds de long avec satellite pour la télé. On ne se sentait pas à notre place.

On a roulé sans savoir où on allait dormir. On avait une heure de plus avant que le soleil se couche avec le changement d'heure en arrivant en Arizona -  ça nous a été bien utile. Quand la noirceur a commencé à s'installer et que l'aiguille à gaz a commencé à s'approcher du 'E', on a prit la première sortie qu'on a vue. On était à Sentinel, une ville qui n'est pas dans les guides touristiques et qui est écrit en gris pale sur les cartes. Il y avait du gaz et une madame fort sympathique qui s'occupait de la station-service. On discute un peu et elle m'apprend que pour 5$, on peut camper sur ce lieu mythique  - la plus vieille station-service fonctionnant en continu des États-Unis. Ça fait 90 ans qu'à chaque matin, cette station-service est fidèle au poste dans ce - avouons-le - milieu de nul part. Population de Sentinel: à peu près 12.  À Sentinel, il ne se passe pas grand chose, à part des trains qui passent au 20 minutes. Jour et nuit. Le klaxon inclus. Mais bon, un train qui passe dans le désert c'est tellement cliché que ça nous a pas trop dérangé. 




On est retourné jaser avec la madame le lendemain matin avant de reprendre la route. Elle m'a donné une vieille carte postale 'Greetings from Arizona' courbée et pâlie par le soleil qui devait être dans son présentoir tourniquet depuis 1973. Ça m'a rendue heureuse. On ne le dira jamais assez, c'est les petits bonheurs qui comptent.

Question de ne pas revenir trop vite au Québec, on n'a pas roulé beaucoup ce jour-là. On est allé voir des pétroglyphs et camper dans un autre genre de désert. Il y avait des cactus dans celui-là. Et des lézards. Quand on pense Arizona, on pense souvent 'route en ligne droite infinie, montagnes rouges au loin et cactus un peu partout'. Et bien ce jour-là, c'était exactement ça.




Pour une raison ou une autre, le parc Organ Pipe Cactus National Monument avait piqué ma curiosité. C'était un détour vers le sud, mais 'pourquoi pas?' était une raison aussi bonne qu'une autre pour y aller. Et ça valait vraiment la peine. La route 85, qui se rend à la fois au parc de cactus et au Mexique, est absolument magnifique. D'énormes cactus Saguaro - ceux avec des bras - envahissent le paysage. Ils sont sérieusement immenses. Les autres, les Organ Pipe, se sont mérités le nom du parc parce que c'est le seul endroit où ils poussent naturellement. Il y a un chouette camping dans le parc et on y a passé le nuit. Le parc ici est populaire l'hiver. L'été, personne ne veut être là. La chaleur est intolérable. Même l'hiver, il est recommandé de faire des activités seulement tôt le matin et au coucher du soleil. On a fait comme les autres, on a cherché l'ombre tout l'après-midi et on est allé marcher quand le ciel s'est mis à changer de couleur. Mais wow - le paysage était complètement hallucinant. Quand la température s'est rafraîchit, le parc s'est animé un peu et les bouteilles de vin se sont ouvertes. On s'est rendu compte encore une fois qu'on était les plus jeunes, parmi cette population de retraités qui fuit la neige. On était a à peu près 30 miles du Mexique et on nous a dit de faire attention, il était courant de voir des mexicains illégaux dans le coin qui ont 'besoin de soins médicaux' ou qui 'transportent des paquets étranges' ou qui veulent 'voler un sleeping bag'. On n'a rien vu de tout ça.








Incapable de faire quoi que ce soit hors de l'ombre ou de l'air climatisé, on a choisi de faire le parcours proposé en van, le '21 miles drive' dans les montagnes Ajo. 2 heures pour faire 21 miles, ça donne une idée des conditions de la route. On se sentait loin du Québec en cibouleau dans ce désert de cactus. Il fait tellement chaud ici que même les cactus ont l'air d'avoir le mal de vivre.




Pas très loin au nord, la minuscule ville de Why offrait du camping gratuit et c'est tout ce qu'on avait besoin de savoir pour être convaincus. On est allé s'acheter une caisse de 6 et 2 cannes de thon au seul magasin de la ville - le Why Not Store et c'était déjà l'heure de réinstaller les chaises et d'ouvrir l'auvent.