Jour: 16 (15 juillet)
Km: 161
État: 2 (OR, WA)
Nombre de paires chaussures apportées par la nomade
féminine: 10
Café de la journée: 5, 6 ou 7? Un peu trop d’accord, mais on
est à Portland alors faut en profiter!
Localisation nocturne: Vancouver, WA
Lors de la matinée du Jour 1, certaines choses ont dû être laissées
de côté, soit par manque d’espace dans la voiture ou parce qu’on s’est dit que
finalement, on ne s’en servirait probablement pas. J’avais réussis à cacher
plusieurs chaussures dans mon sac, sous mon banc et dans mes bottes de pluie.
Évidemment, Mathieu a fini par toutes les voir. Après 15 jours de
voyage, on s’était déjà mutuellement félicité de n’avoir rien oublié et utilisé
pratiquement chaque item apporté. Tout, sauf les foutus patins à roulettes et
les bottes de pluie qu’on devait, chaque matin et chaque soir, déplacer et
replacer pour bien structurer la superposition de la
tente-chaises-bagages-glacière-livres-et autres-choses-indispensables. Tout ça
pour dire à quel point j’étais heureuse qu’il pleuve ce matin-là, parce que
j’ai pu justifier les centaines de kilomètres qu’on fait mes bottes de pluie jusqu’ici.
On s’est rendu à Oregon City, point
d’arrivée officiel de l’Oregon Trail. On a croisé sur l’autoroute une affiche
indiquant la direction pour aller à Boring, mais avec un nom pareil, cette
ville-là n’a tout simplement pas le droit d’être intéressante. On s’arrête plutôt
à un café où il semble sympathique d’y passer un dimanche matin. On commande
des petits cappuccinos, on nous donne des tasses brûlantes de la grosseur d’une
piscine recouverte d’une mousse à s’y méprendre à de la barbe à papa.
Déception. On s’attendait à mieux de l’Oregon. On retourne à la voiture et je
constate que mes bottes de pluie et mon trench coat sont maintenant tout à fait
inappropriés, le soleil brille. On roule vers Portland, où on passera
l’après-midi. Dans le stationnement d’un quelconque magasin qu’on croise sur la
route, je hurle de rire lorsque j’aperçois une petite cabane à café nommé
«Bikini Espresso» et que mon regard se porte sur une jeune femme vêtue de son
uniforme de travail, un bikini et des talons hauts. Oui je suis d’accord, c’est
pathétique. Manque de chance, Mathieu regardait la route devant lui, il a donc
manqué ce bel endroit. Et non, je n'ai pas pris de photos.
On s’est aperçu rapidement que Portland un dimanche
après-midi, c’est assez tranquille. La majorité des magasins est fermé et c’était à croire que tout le monde s’était enfermé dans son salon pour un après-midi jeux
de société. Mathieu m’annonce qu’il y a quelques endroits où il veut absolument
aller. Étrangement, ils ont tous comme point commun d’être des cafés. On
parcoure une partie du centre-ville à pied pour se rendre dans le quartier
historique, emplacement du plus grand torréfacteur de l’Oregon, Stumptown. On
s’assoit au bar afin de pouvoir tout regarder d’une façon qui se veut subtile.
Cet endroit nous plait par le décor et nous comble quand on goûte nos
cappuccinos. Le barista sur le tabouret à côté de moi porte sur son visage un sourire de satisfaction.
On règle la question du lunch au Brunch Box, un mec dans un camion qui sert les burgers les plus incroyables qu’on a jamais vu. Une pause s’est imposée lorsqu’on a fini ces burgers de fous. Celui de Mathieu devait avoir 10 pouces de haut tellement il y avait d’items à l’intérieur. Le mien avait une hauteur plus standard, mais les brioches qui remplaçaient les pains en imposaient solidement. Éventuellement, on a réussi à se lever et reprendre notre balade qui nous a menés, mystérieusement, chez Coava, autre torréfacteur majeur de Portland. L’endroit était un mélange d’atelier industriel et d’exposition de pièces en bois. Très masculin et artistique, un brin prétentieux, mais l’un des meilleur espresso que Mathieu aura bu de sa vie. Quand on réalise que notre corps ne peut plus absorber une once de caféine, on part à la recherche de la ville qui nous accueillera pour la nuit. On se devait de revenir le lendemain à Portland, au moins pour voir de quoi la ville à l’air quand il y a des gens dans les rues.
On traverse la frontière pour aller à Vancouver, Washington,
dans un camping baptisé Gros Sapins et qui porte étonnamment vraiment bien son
nom. On s’aventure vers la ville ou plutôt on roule jusqu’au bout du rang. Difficile de dire si on a plus de chance de trouver
une épicerie en allant vers la gauche ou la droite, les bâtiments délabrés de
chaque côté sont de piètres indices. De retour sous les gros sapins, on profite
des derniers rayons du soleil pour avancer nos lectures respectives. On est
conscient et un peu triste que notre voyage s’achèvera bientôt, mais la
quantité ahurissante d’araignées et autre insectes non-identifiés dans les
douches nous fait rêver à notre éventuelle salle de bain d’appartement.
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