The Great Adventure

25 septembre 2013

La fois qu'on s'est acheté un Camper Van 1986

Camper dans une tente à ses charmes, bien sûr. S'épuiser à souffler un matelas ou essayer d'enlever un maillot bain mouillé à moitié plié sur le matelas enfin soufflé, rien de charmant. Donc, on a décidé d'acquérir un Camper Van. Pour ne plus avoir à souffler de matelas, mais aussi parce que c'est pas vrai qu'on va voyager juste en été. À l'intérieur d'une van, la pluie est même plutôt plaisante.

Le budget était loin de nous permettre de rêver à un véhicule conçu durant le millénaire actuel. Les modèles des années 90 chatouillaient la limite financière. Étant moi-même un modèle 1986, j'ai toute de suite été conquise par ce sublime Camper Van beige et ses séduisantes lignes rouges.

On s'est laissé charmer par les opportunités d'aventures et d'autonomie que nous offrait un véhicule comme celui-là. Les endroits où on pourrait s'arrêter, au milieu d'un désert, près de l'océan, dans une forêt, au sommet d'un canyon, sans personne autour, et se faire un grilled cheese quand on a faim, dormir quand Mathieu en a assez de conduire. C'est l'ultime accessoire à road trips.

Un détail nous échappe toutefois concernant cette van. Comment, il y a 27 ans, un groupe d'individus ont pu s’asseoir devant une multitude d'échantillons de tissus pour la fabrication des banquettes et des rideaux, et voter à l'unanimité pour celui en velours rose à imprimé floral. Peut-être qu'en 1986, c'était synonyme d'aventure et de découvertes, mais en 2013, on soupire en regrettant l'état impeccable du tissu (d'origine!). Mon côté raisonnable et cheap prend le dessus, on conserve l'intérieur tel quel. En plus c'est douillet du velours.

On a beaucoup de projets en perspectives, il reste à s'entendre sur l'ordre dans lequel on les fera. Et à apprendre aussi comment fonctionne le robinet.


Pour ceux qui se le demande, je confirme: c'est bien une bande de tapis rose sur les murs.




8 janvier 2013

San Francisco, ses clichés et ses cafés



Parce que la côte ouest offre d’innombrables opportunités de découvertes, on a décidé de mettre tous nos pourboires dans une tirelire afin de financer nos envies de voyages. Merci aux buveurs de café, vos trente sous garochés dans le pot nous ont payés 4 jours en Californie. 

Jour 1

Inévitablement, on court chez Four Barrel (café fabuleux #1) dès notre sortie du métro. Notre liste de cafés à visiter est longue, autant s’y mettre. On est déstabilisé par le ciel bleu, le soleil, la chaleur et l’absence de pluie. Des paramètres dont on n’avait plus vraiment l’habitude de ce côté-ci du Canada depuis 2 mois. Nous sommes dans le quartier Mission, pas de touristes, une quantité raisonnable de hipsters et on s’assoit devant 2 tasses de café à la hauteur de la réputation de l’endroit. On aurait été capable d’y passer la journée, c’est beau et inspirant. Ici, le café ce n’est pas de la rigolade. Pas de « grand corsé ».

Maintenant qu’on s’est rassasiés de café,  pour la prochaine heure tout au plus, c’est le moment de faire monter notre taux de sucre. Le quartier Hayes Valley propose la pâtisserie Miette, qui se proclame comme le magasin à sucre le plus charmant de la ville. J’approuve abondamment. On commande 2 sandwiches à la crème glacée qu’on dévore le soleil dans la face, affalés sur un banc de parc. On se débarrasse même de notre léger manteau. Pas moyen de quitter tout de suite l’endroit, on aperçoit un café Ritual (café fabuleux #2) juste de l’autre côté du parc. Dans un parking, un container a été transformé en café d’un côté et en fabriquant de crème glacée de l’autre. Quelques  chaises échouées plus loin font office de terrasse. Autres cafés dans nos mains, autres rayons de soleil dans notre face. On dira ce qu’on voudra, une terrasse en janvier, ça a son charme.

Ayant vraisemblablement mal étudié la carte et son échelle, on entreprend la marche jusqu’à notre hôtel. À l’autre bout de la ville. Avec le bagage qui m’arrache un brin l’épaule. De se savoir en Californie fait par contre vite oublier les petits bobos. Ceci étant dit, je prendrai conscience un peu plus tard de ladite échelle et nous achèterons des billets illimités pour le transport en commun. 

On s’exclame devant la beauté des immeubles et l’escarpement des rues. On traite de désaxé tous les (rares) cyclistes qu’on croise, baraqués des mollets.


Rapide constat de ce que ça veut dire un hôtel 2 étoiles. On le saura pour la prochaine fois. On quitte la chambre avec une envie de burgers à combler dans un bref délai. Dilemme : avant de trouver un magasin à burgers, un magasin à gâteaux met notre raison à l’épreuve. Conclusion, on est tout à fait impuissants face à ces merveilles sucrées, on en achète pour plus tard. La sagesse n’est pas quelque chose d’utile dans le domaine de la pâtisserie. On se rempli un peu trop l’estomac de burgers et de bières, la routine quoi. On reluque les rues Chestnut et Union, fortes en distractions architecturales et commerciales. Abstraction faite qu’on est déjà plein, on s’attaque plein d’enthousiasme à nos sucreries achetées plus tôt avant de s’endormir. Dans un 2 étoiles en Californie. Le bonheur.

Jour 2

On assume pleinement notre titre de touriste et on monte dans un Cable Car afin de nous épargner quelques coins de rues jusqu’au torréfacteur Sight Glass (café fabuleux #3). Les locaux n’utilisent plus ce moyen de transport. Avec le temps, c’est exaspérant d’être assis à côté des touristes qui prennent 70 photos la minute. C’est tout de même un classique de San Francisco, donc incontournable. On vivra à fond l’expérience du Cable Car lors d’un trajet futur où on a dû se tenir debout sur le pallier extérieur, une main accrochée au poteau, dans une pente qui descend en tournant. Mon rythme cardiaque a accéléré un brin.


Donc, Sight Glass dans le quartier South of Market. Immense local où les cafés y sont torréfiés et servis aux clients. On s’installe à la mezzanine pour faire nos curieux sur tout se qui se passe. On discute de café en buvant nos cafés puis on quitte pour aller dans un autre café. Nous, on aime ça le café. 


Une petite confusion géographique nous fait découvrir un quartier dont on aurait pu se passer, mais bon on ne commencera pas à chigner en Californie. Retour dans le quartier hispanique Mission où les tacos abondent. On entre chez Ritual, (café fabuleux #2a, l’original) torréfacteur épique aux yeux de Mathieu Carrier. On détonne presque parmi les dizaines de clients derrière leur  laptop, Mac. On est Old School : on s’assoit l’un en face de l’autre et on se parle en buvant notre tasse.

Plus tard, après les tacos épicés, on traverse la rue et on entre chez Craftman and Wolves, une pâtisserie qui a mérite de ne pas ressembler à une maison poupées. Différent, intéressant et délicieux, bien sûr. 3 coins de rues plus loin, Tartine Bakery. Par principe, j’achèterai, mais mangerai plus tard. Mon ventre a ses limites.

On regagne Hayes Valley par autobus, on doit absolument aller chez Blue Bottle Coffee Co. (café fabuleux #4). L’endroit est ardu à localiser et pour cause, c’est dans une ruelle à l’intérieur d’une section minuscule de garage. Juste assez  grand pour un comptoir et une machine à café. Pas de table, pas d’affiche, cash only et une file de gens qui attendent pour commander. On réalise qu’au bout de cette ruelle, c’est le Ritual dans le container où on était hier. C’est ça la côte ouest, des cafés partout, et du monde partout qui veulent du café. 

Autre cliché de San Francisco, Alamo Square et les Painted Ladies. Incroyable que ces maisons victoriennes colorées soient à ce point un attrait touristique. Certes, elles sont magnifiques, mais la ville compte environ 15 000 maisons de ce type d’architecture. On endosse encore totalement notre côté touriste étant donné qu’on se tient juste devant elles et qu’on essaie de prendre une photo pareil comme la carte postale. On se garde une petite gêne en évitant d’aller sonner à une des porte et/ou pique-niquer sur leur pallier. On est touristes oui, mais pas cabochons. 


On traverse la ville pour visiter Fishermans Wharf et North Beach, le quartier italien. C’était l’endroit de prédilection des Beatniks, ces artistes révolutionnaires qui ont choqués l’Amérique puritaine des années 50-60. Les précurseurs de la libération sexuelle. Dans la même lignée, à l’été 1967 dans le quartier Haight-Ashbury, la contre-culture hippie était à son apogée. Lors du Summer of Love, des milliers de personnes ont envahis cette célèbre intersection et les rues à proximités pour vivre ensemble une expérience sociale constituée surtout de partage, de drogues et d’amour libre. Beaucoup de musiciens rock psychédéliques (Janis Joplin, Grateful Dead, Jefferson Airplane…) habitaient le quartier, jouaient dans les parcs et vivaient le mouvement. L’ambiance de cette époque reste ancrée dans le quartier, par les commerces, l’odeur et par les authentiques (ou leurs descendants) militants pour l’amour assis en cercle dans un parc. Be sure to wear some flowers in your head, qu’il disait!  Des vielles West stationnées aux rideaux d’origines et couvertes d'autocollants qui proclament la paix dans le monde font parties du décor. 


Jour 3

Quartier Russian Hill. La rue Lombard, dans sa section sinueuse à 27% d’inclinaison, est un endroit parfait pour aiguiser la patience des gens qui y habitent. En effet, les touristes (nous incluent) et leurs appareils photos y sont présents à la pelle. Les 8 virages qui la descendent sont une belle curiosité.On juge les autres touristes qui prennent des millions de photos en n’ayant plus conscience des humains autour d’eux. On est tellement mieux, en toute modestie.


En grande fan d’architecture victorienne, je veux voir le plus de jolies maisons possible. On monte et descend (littéralement) le quartier Nob Hill. Ce qui motive Mathieu (et moi aussi) à tant d’exercices musculaires au niveau des jambes, c’est le café Wrecking Ball (café fabuleux #5). On rentabilise nos billets de transport en commun en prenant un autre Cable Car jusqu’au Financial District. Gros buildings digne des États-Unis, autre café Blue Bottle Coffee Co. (café fabuleux #4a), autre pâtisserie. À quoi bon essayer de résister à de telles tentations? C’est simple, l’éclair au chocolat et le gâteau à la noix de coco sont hallucinants.

On longe le bord de l’eau et les palmiers en se faisant chauffer la face par le soleil californien. On va rire des lions de mer qui chignent tous empilés les uns sur les autres, échoués sur des quais au Pier 39. On mange une grosse chaudrée de palourdes dans un bol en pain en essayant de se convaincre que les 3 bouts de carottes là-dedans ça compte comme une portion de légume. Je persuade Mathieu d’aller à Coit Tower, la tour au sommet de Telegraph Hill. Mon argument: Il doit y avoir une belle vue de là-haut. Mais surtout : Il y a un autobus qui se rend au sommet de la montagne. Ça, ça joue pour beaucoup. On redescend à Union Square, histoire d’y être allés. Mathieu se fie à moi pour l’adresse d’un café-bar à vin, Ma-Velous. Erreur, mais on finit par le trouver quand même. La routine, quoi. On termine la soirée devant un réconfortant macaroni au fromage et pâté au poulet en regardant un faux-feu de foyer crépiter. 


Jour 4

On circule de façon pédestre sur le Golden Gate Bridge en regardant les requins nager et Alcatraz au loin. Ça devait pas donner le goût aux prisonniers de s’échapper. Ex-pont suspendu le plus long du monde, son règne a pris fin en 1964. Il en impose tout de même avec son style art déco et son titre d’une des 7 merveilles du monde moderne. Pourquoi il est peinturé couleur Orange International? Parce que le gars responsable du pont aimait ça, la couleur orange. 


On profite de nos dernières heures à San Francisco avec (surprise) un café et une grosse pizza dans notre quartier favori. Je prends autant de photos de maisons victoriennes que ma carte mémoire le permet et on retourne s’assoir dans l’avion à hélices, le sac à dos plein de… cafés.

 



22 septembre 2012

Caféine à l'excès

Départ: 22 septembre AM
Retour: 22 septembre PM
Km: 460
Café: presque autant que le nombre de kilomètres

Seattle étant à une poignée de kilomètres de notre chez-soi, il aurait été absurde de ne pas aller y faire un tour en ce samedi de congé. Tout était propice à ce road trip rapide: un PT en feu, le Salon du café 2012 au centre de convention, des amis qui aiment le café pour nous accompagner et puis hey, Seattle c'est Seattle. 20$ d'essence, Led Zepplin et deux cafés plus tard, nous sommes à Seattle, ville de 630 000 habitants et 453 Starbucks.


Évidement, nous partons immédiatement en quête d'un café digne des snobs que nous sommes. Quoi de mieux qu'un Starbucks pour nous offrir Wi-Fi à même le trottoir pour localiser le-dit café. Et comme les Starbucks se chicanent les coins de rues, il suffit de se lever le nez pour voir la succursale la plus près. Victrola Coffee Roasters nous procure la boisson convoitée. On s'assoit à l'extérieur en riant du cliché qu'à Seattle il pleut tout le temps. Le barista nous vante les délicieux sandwiches de The Honey Hole, un resto à thématique de bandits cowboys pas loin, au coin de la rue, en haut de la cote. Parce que les cotes à Seattle, ce n'est pas un mythe. On mange beaucoup trop avant de se diriger vers le centre de convention où l'on prédit que sous peu, on boira beaucoup trop (de cafés).


Le Salon du café, (Coffee Fest) c'est le festival des vendeurs de tout ce qui peut se trouver dans un café comme des tasses avec des dessins de zombies, des sirops à saveur de gâteau au fromage et des machines espresso à 50 000$. Il y a des torréfacteurs qui veulent absolument nous faire goûter leur café, parfois douteux, parfois délicieux. Mathieu le barista s'amuse avec une machine espresso hallucinante à 2 pas d'un barista champion mondial, en plein contrôle de ses moyens mais avec une petite goûte de sueur sur le front et des yeux qui pétillent autant qu'un mousseux pas chiche.


On décide de combler le reste de l'après-midi à chercher le premier Starbucks de tout les temps. Pas pour y boire un mocha 24 onces décaféiné-écrémé-crème fouettée-pour emporter, mais parce que le premier Starbucks mérite quand même qu'on le trouve et qu'on se recueille quelques secondes. Le problème, c'est qu'il y a un Starbucks à chaque coin de rue et qu'on doit demander chaque fois si c'est lui LE bon. On le trouve dans le quartier du marché publique, endroit qui justifie un allez-retour à Seattle tellement c'est charmant. On profite du bord de l'eau et on salive un peu devant la fraîcheur et la diversité des millions de produits offerts aux Seattleites. J'ai vu une fabrique de gâteaux au fromage. On reviendra qu'on s'est dit.


Quoi de mieux pour terminer la journée que contempler le mur d'une vieille ruelle semi-crade complètement couvert de gommes à mâcher multicolores et dégoûtantes. Ça en est fascinant de voir tout ces morceaux collés un souci presque esthétique. Quelques rebelles ont laissées les-leur sur le mur en face où il était pourtant clairement indiqué de ne pas coller de gommes sur CE mur-là. Il y en a qui cherche le trouble.

Copyright Stephanie Lee 2012

On retourne paisiblement vers Vancouver, mais le chemin du retour se fait sans café.


18 juillet 2012

Devenir vancouvérois


Jour: 19 et 20 (18 et 19 juillet)
Km: 274
Km conduit par Mathieu depuis le Jour 1: 7 128
Km conduit par Geneviève depuis le Jour 1: 0 (oui mais, c'est parce que le PT Cruiser est manuel)
État: 1 (WA)
Province: 1 (BC)
Café de la journée: Vivement qu'on arrive à Vancouver pour goûter leurs mérites dans le domaine du café. On patiente avec l'excellent éthiopien lors de notre pique-nique matinal.
Localisation nocturne: Surrey, BC

Nos péripéties américaines prennent fin le 18 juillet, juste après avoir mis le plus d'essence possible dans la voiture. Le litre nous aura coûté en moyenne 90 cennes durant notre parcours de l'est vers l'ouest, une économie faramineuse par rapport au prix du litre canadien.

On traverse la frontière après une fouille du véhicule. Ils ne nous ont pas crus lorsqu'on a répondu qu'on ne transportait ni drogue ni 20 000$ en argent liquide dans le coffre à gants. J'imagine que l'odeur omniprésente de serviette mouillée dans la voiture et l’habitacle encombrer au maximum les ont décourager de fouiller en profondeur en quête de liasses de billets et/ou possessions clandestines. On a pu réintégrer le PT après un merci dans un français écorché du policier.

De retour dans notre pays, on est excités malgré le fait que dans l'immédiat, les arbres qu'on croisent et l'asphalte sur laquelle on roule sont en tout point pareils à leurs voisins de l'autre côté de la barrière. Les états et les provinces devraient faire un petit effort pour que les premiers kilomètres une fois la douane passée soient à la hauteur de notre enthousiasme de voyageurs. C'est une simple idée.

Nous campons à Surrey, principalement parce que c'est le camping le plus près de Vancouver, et non parce qu'il y a un étang avec des canards. On nous envoi dans l'extrémité la plus éloignée des commodités, comme si le fait qu'on dorme dans une tente voulait dire qu'on avait aucun intérêt pour les douches et les toilettes. On est quand même pas des hippies-nudistes-écologiques. Je m'égard en allant à la douche, je m'égard en revenant à la tente. Selon Mathieu, ce n'est pas parce que les chemins partent dans n'importe quel sens et qu'on est à 30 minutes en jogging des salles de bain, mais plutôt parce que j'ai le pire sens de l'orientation du monde. Je me suis rendue compte que j'avais échappé mes petites culottes en chemin, mais où? Le soleil commence à se coucher et je n'ai pas envie dormir dans une plate-bande pleine de flamants roses et de chevreuils en plastique parce que je me serais perdue, encore. J'amène Mathieu et on rebrousse chemin ensemble.

On doit partir tôt le lendemain matin pour des visites d'appartements. Nous sommes en pleine tentative de sommeil tandis que les deux pré-adolescentes à côté de nous ont choisis de nous faire partager leur passion pour la musique hip-hop avec leur iPod. Ce soir-là, on a prié très fort pour trouver rapidement un appartement qui serait libre immédiatement.


Et c'est ce qui s'est passé! L'appartement de notre premier rendez-vous de la journée est celui qu'on a choisi. Dans le quartier West End, à quelques pas de l'English Bay, d'une ribambelle de plages, des festivités, du Stanley Park, du pont pour aller à Kitsilano et des rues pleines de magasins qui vendent tout ce qu'on peut avoir besoin dans une vie.


On est fier d'avoir pris notre rêve au sérieux et heureux d'avoir profiter des paysages et des villes de notre route vers l'ouest. Les aventures de la vie vancouvéroise peuvent maintenant commencer.






17 juillet 2012

Fraîcheur inadéquate près du Pacifique


Jour: 18 (17 juillet)
Km: 274
État: 1 (WA)
Café de la journée: On boit notre café durement moulu avec plaisir, mais on commence à avoir hâte de sortir la machine espresso de sa boîte. Dans quelques jours!
Localisation nocturne: Kent, WA

Une brise un peu trop fraîche à notre goût et une corneille beaucoup trop enthousiaste nous accueille ce matin. On savoure notre boisson chaude avant de rouler notre maison portative dans son sac et de saluer notre voisin gypsy. C’est très frais ce matin, mais l’océan pacifique est si près que ce serait absurde de l’ignorer. Il n’y a que deux ou trois courageux sur la plage. Cet endroit est magnifique, c’est désolant de devoir porter un trench coat pour clopiner sur le sable et contempler cette eau à perte de vue.


Après une seconde inquiétante où j’ai cru que le PT Cruiser était embourbé dans le sable, on reprend la route, du moins jusqu’à la prochaine station-service. On va certainement s’ennuyer de faire le plein en échange de si peu de dollars. Notre voyage tire dangereusement à sa fin. Les miles qui nous séparent du Canada sont de moins en moins nombreux. On entre et on sort dans quelques petits villages de bord d’océan. Mathieu capte un radio-roman on ne peut plus cliché sur la bande FM. Jack, le monsieur gentil dans l’histoire, était à la recherche du terrible voleur de bijoux. On n’est pas certain de la fin de l’épisode étant donné qu’on a perdu le signal, mais puisque je suis une fan des histoires qui se terminent bien, disons que Jack a retracé le voleur et remis les bijoux à la propriétaire, de qui il est tombé amoureux.

On approche Seattle avec Nirvana dans tapis. Ça nous semble être la trame sonore la plus appropriée, c'est très concept. On hésite, s’arrêter ou y revenir une autre fois. Après tout, Seattle est à 150 minutes à peine de Vancouver. L’argument «financier» nous fait entendre raison, Seattle sera une destination ultérieure. Étant donné qu’elle passe dans la ville, l’autoroute nous donne quand même un léger avant-goût.


Pour le moment, Kent est une ville plus à l’image de notre budget. Il y a peu de choses à dire au sujet de cet endroit. Probablement que son plus grand attrait est d’être près de Seattle. On découvre la ville le temps de trouver notre camping et ce sera amplement suffisant. Il s’agit d’un camping touristique rempli de roulottes alignées les unes sur les autres. Les trois terrains réservés pour les tentes sont évidemment occupés. On nous informe qu’il ne reste que l’option de la section gazonnée de type «camping libre» ou en d’autres mots «piquer votre tente n’importe où sur le bord là-bas avec les autres». Je tends ma Visa en ayant pleinement conscience que nous sommes en train de payer beaucoup trop cher pour dormir dans une tente à côté d’un buisson louche et d’une route principale très prisée des camions de type poids lourd affectés au transport de marchandises.

On dresse la tente dans le temps de le dire. On commence à avoir la main comme on dit. Un spectacle fort divertissant s’offre à nous, c’est au moins l’avantage de partager ce bout de gazon avec plusieurs autres campeurs. Une femme tente, à une lenteur incroyable, de faire entrer dans sa valise une quantité faramineuse de vêtements. Installés dans nos chaises pliantes au confort quelconque avec un petit whisky à la main, on alterne nos regards entre nos bouquins et cette femme qui a une belle soirée devant elle. Mathieu fini sa lecture de Volkswagen Blues. Comme eux, nous avons terminés notre aventure de l’Oregon Trail.



16 juillet 2012

Le gypsy et ses huîtres


Jour: 17 (16 juillet)
Km: 256
État: 2 (OR, WA)
Café de la journée: Cappuccino chez Heart, fait avec une La Marzocco verte et un petit dernier chez Stumptown.
Nombre de livres chez Powell’s City of Books: plus d’1 million!
Cupcakes divins: Noix de coco, le meilleur de notre vie, Red velvet, myrtilles.
Localisation nocturne: Ocean Park, WA


On apprécie encore une fois la facilité de se rendre à l’endroit désiré grâce au GPS lorsqu’on stationne la voiture dans un quartier résidentiel/industriel de Portland. Nous allons boire un café chez Heart, autre torréfacteur de renom dans l'Oregon. L’endroit est rempli d’habitués qui tentent de discuter à travers le bruit de la musique et du Probat, torréfacteur de café, en pleine production. Une série de chaise s’alignent en demi-cercle devant cette machine, comme si on assistait à un cours. On s’y assoit avec nos breuvages et on regarde d’un œil attentif cette grosse bête brunir les grains de café. On apprécie l’endroit et le soin apporté aux détails d’aménagement. Il n’y a pas à dire, ici c’est des passionnés de café.  Avant de quitter, Mathieu se laisse tenter par un espresso et inévitablement, un gaminet arborant le nom du café où on se trouve.


C’est à Portland que se trouve le plus grand magasin de livres neufs et usagés au monde. Powell’s City of Books. Il occupe un pâté de maison sur plusieurs étages, et une carte est nécessaire pour localiser la catégorie de livres recherchée. Mon degré d’excitation face à cette quantité faramineuse de livres m’endommage le cerveau et j’ai un intérêt soudain pour chaque sujet abordé dans les bouquins que nous croisons. Je comprends qu’on n’y passera malheureusement pas la semaine et que je dois donc garder le focus. Nous sommes interpellés par une des sections sur les États-Unis dans laquelle plusieurs étagères sont remplies de livres ayant comme sujet les road trips. C’est très concept avec notre situation, on en choisit donc deux. Je risque une fuite vers les livres de recettes pour m’y cacher lorsque Mathieu a le dos tourné. Il réussit à me faire sortir du magasin grâce à une promesse d’achat éminent de gâteaux.


La ville est beaucoup plus animée qu’hier. On se balade à travers un marché au centre de la ville qui propose des fruits, du pain et des sucreries. L’architecture de Portland est un mélange d’édifices anciens aux détails magnifiques et de bâtiments bêtement banals. Les plus intéressants visuellement sont ceux en briques affichant de vieilles publicités peinturés sur les côtés, ceux avec des escaliers de secours en métal aux fenêtres et ceux qui ont conservés leurs enseignes et qui ont maintenant une allure kitsch. C’est agréable de marcher dans les rues commerciales recouvertes de gros arbres et de constater que certaines façades de magasins n’ont probablement pas changé depuis des décennies.


Notre promenade nous mène bien sûr à une boutique de cupcakes, tel que promit. Chaque fois qu’on entre dans une cupcakerie, on prend une éternité pour tous les regarder et notre choix s’arrête toujours sur ceux à la noix de coco. Par contre, cette fois-ci on ajoute deux cupcakes miniatures à notre commande, histoire de constater l’étendue de leur talent de pâtissier. La cuisine ouverte me donne le goût d’attraper un tablier et d’aller casser quelques œufs. Ils ont une belle sélection de produits sucrés et le décor n’est pas trop nunuche comme se veut la tendance de ce genre d’endroit. Saints Cupcakes est un attrait formidable à Portland.

  

On cherche un camping en bordure de l’océan Pacifique pour y passer la nuit. On se rend à Ocean Park, qui se trouve presque sur la pointe d’une péninsule dans l’état du Washington. Les affiches indiquant la route à suivre en cas de tsunami nous inquiètent un brin, sachant que la largeur de cette péninsule est d’à peine deux kilomètres. Durant l’installation quotidienne de notre chambre à coucher, deux hommes et un sac d’huîtres s’installent à la table près de nous et entame une discussion variée avec Mathieu. On apprendra que le plus vieux des deux est un géologue à la retraite, ancien gypsy dragueur et amateur de fruits de mer. Il nous fait goûter des huîtres fraîchement sorties de l’océan et nous divertis avec des histoires de son époque gitane. Le genre de rencontre agréable qui fait apprécier le camping.

On va faire quelques emplettes à l’épicerie du coin, située juste à côté du magasin d’armes. C’est pratique pour les achats basiques; pain, beurre, lait, balles pour le pistolet, etc.

Le vent de l’Alaska nous garde au frais cette nuit et la corneille dans l’arbre à proximité de notre tente nous garde éveillés très tôt le lendemain matin.  


15 juillet 2012

La journée où on a bu trop de café


Jour: 16 (15 juillet)
Km: 161
État: 2 (OR, WA)
Nombre de paires chaussures apportées par la nomade féminine: 10
Café de la journée: 5, 6 ou 7? Un peu trop d’accord, mais on est à Portland alors faut en profiter!
Localisation nocturne: Vancouver, WA

Lors de la matinée du Jour 1, certaines choses ont dû être laissées de côté, soit par manque d’espace dans la voiture ou parce qu’on s’est dit que finalement, on ne s’en servirait probablement pas. J’avais réussis à cacher plusieurs chaussures dans mon sac, sous mon banc et dans mes bottes de pluie. Évidemment, Mathieu a fini par toutes les voir. Après 15 jours de voyage, on s’était déjà mutuellement félicité de n’avoir rien oublié et utilisé pratiquement chaque item apporté. Tout, sauf les foutus patins à roulettes et les bottes de pluie qu’on devait, chaque matin et chaque soir, déplacer et replacer pour bien structurer la superposition de la tente-chaises-bagages-glacière-livres-et autres-choses-indispensables. Tout ça pour dire à quel point j’étais heureuse qu’il pleuve ce matin-là, parce que j’ai pu justifier les centaines de kilomètres qu’on fait mes bottes de pluie jusqu’ici. 

On s’est rendu à Oregon City, point d’arrivée officiel de l’Oregon Trail. On a croisé sur l’autoroute une affiche indiquant la direction pour aller à Boring, mais avec un nom pareil, cette ville-là n’a tout simplement pas le droit d’être intéressante. On s’arrête plutôt à un café où il semble sympathique d’y passer un dimanche matin. On commande des petits cappuccinos, on nous donne des tasses brûlantes de la grosseur d’une piscine recouverte d’une mousse à s’y méprendre à de la barbe à papa. Déception. On s’attendait à mieux de l’Oregon. On retourne à la voiture et je constate que mes bottes de pluie et mon trench coat sont maintenant tout à fait inappropriés, le soleil brille. On roule vers Portland, où on passera l’après-midi. Dans le stationnement d’un quelconque magasin qu’on croise sur la route, je hurle de rire lorsque j’aperçois une petite cabane à café nommé «Bikini Espresso» et que mon regard se porte sur une jeune femme vêtue de son uniforme de travail, un bikini et des talons hauts. Oui je suis d’accord, c’est pathétique. Manque de chance, Mathieu regardait la route devant lui, il a donc manqué ce bel endroit. Et non, je n'ai pas pris de photos.


On s’est aperçu rapidement que Portland un dimanche après-midi, c’est assez tranquille. La majorité des magasins est fermé et c’était à croire que tout le monde s’était enfermé dans son salon pour un après-midi jeux de société. Mathieu m’annonce qu’il y a quelques endroits où il veut absolument aller. Étrangement, ils ont tous comme point commun d’être des cafés. On parcoure une partie du centre-ville à pied pour se rendre dans le quartier historique, emplacement du plus grand torréfacteur de l’Oregon, Stumptown. On s’assoit au bar afin de pouvoir tout regarder d’une façon qui se veut subtile. Cet endroit nous plait par le décor et nous comble quand on goûte nos cappuccinos. Le barista sur le tabouret à côté de moi porte sur son visage un sourire de satisfaction.  



On règle la question du lunch au Brunch Box, un mec dans un camion qui sert les burgers les plus incroyables qu’on a jamais vu. Une pause s’est imposée lorsqu’on a fini ces burgers de fous. Celui de Mathieu devait avoir 10 pouces de haut tellement il y avait d’items à l’intérieur. Le mien avait une hauteur plus standard, mais les brioches qui remplaçaient les pains en imposaient solidement. Éventuellement, on a réussi à se lever et reprendre notre balade qui nous a menés, mystérieusement, chez Coava, autre torréfacteur majeur de Portland. L’endroit était un mélange d’atelier industriel et d’exposition de pièces en bois. Très masculin et artistique, un brin prétentieux, mais l’un des meilleur espresso que Mathieu aura bu de sa vie. Quand on réalise que notre corps ne peut plus absorber une once de caféine, on part à la recherche de la ville qui nous accueillera pour la nuit. On se devait de revenir le lendemain à Portland, au moins pour voir de quoi la ville à l’air quand il y a des gens dans les rues.
On traverse la frontière pour aller à Vancouver, Washington, dans un camping baptisé Gros Sapins et qui porte étonnamment vraiment bien son nom. On s’aventure vers la ville ou plutôt on roule jusqu’au bout du rang. Difficile de dire si on a plus de chance de trouver une épicerie en allant vers la gauche ou la droite, les bâtiments délabrés de chaque côté sont de piètres indices. De retour sous les gros sapins, on profite des derniers rayons du soleil pour avancer nos lectures respectives. On est conscient et un peu triste que notre voyage s’achèvera bientôt, mais la quantité ahurissante d’araignées et autre insectes non-identifiés dans les douches nous fait rêver à notre éventuelle salle de bain d’appartement.